Depuis l’attentat sanglant de Nice et l’assassinat du professeur Samunel Paty, le monde musulman est sous pression en raison des amalgames entre le terrorisme et l’Islam. Dans ce contexte, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a été invité, dans la soirée du mercredi 18 novembre 2020, par le président français Emmanuel Macron pour une réunion non inscrite dans l’agenda de ce dernier.
Elle s’est déroulée au siège du ministère de l’Intérieur, en présence, notamment, des autorités étatiques. La réunion intervient suite à la demande du président français, adressée au CFCM, appelant à mieux encadrer la formation des imams en France.
Une sorte d’ordre des imams
Dans cette optique, le CFCM a présenté son projet de bâtier un Conseil National des Imams (CNI). Concrètement, il devrait fonctionner à l’exemple d’un ordre professionnel (conseil des avocats, ordre des médecins…). Sa mission : évaluer les connaissances des futurs imams, les labeliser et délivrer, aussi, une carte officielle d’imam. De quoi ravir l’Élysée qui a qualifié cette initiative « d’historique », sachant que le projet a été abordé depuis une dizaine d’années en France. Ainsi, les futurs imams vont devoir respecter un code de déontologie conçu par le CNI. Ils devront, également, respecter la charte du respect des valeurs républicaines.
Le CFCM a 15 jours pour finaliser cette charte selon la demande du président Macron. Ce qui pourrait déranger, est que le ministère français de l’Intérieur surveillera, de près, la rédaction de ces textes, ce qui pourrait ouvrir la voie à plusieurs débats et impasses.
Selon des sources au sein de l’Élysée, le texte comprendra deux principes fondamentaux : le rejet « de tout Islam politique et de toute ingérence étrangère ».