Vous souvenez-vous de l’Egyptien Mohamed El Baradii, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique dans les années quatre-vingt-dix ? C’était l’Arabe qui a donné un faux prétexte à l’Alliance atlantique pour bombarder l’Irak et l’envahir. Personnellement, chaque fois que je voyais, à cette époque, son visage à la télévision ou dans les journaux, je sentais mon cœur se soulever de nausée. Un sentiment de colère et d’amertume profonde me gagnait aussitôt. Devant cet Arabe de service au long visage, la tête chauve et les traits creusés, j’ai souvent éprouvé un sentiment de honte et j’ai toujours souhaité qu’il ne fût ni arabe ni Musulman. En revanche, son collègue Hans Bliks, l’ancien chef des inspecteurs de l’ONU en Irak, ainsi que son équipe, n’ont jamais suscité en moi le moindre sentiment de ce genre. Mais El Baradii m’exaspère et sape toutes mes convictions. Il me fait douter de mon appartenance et mon identité. Ses prises de position envers l’Irak avant, pendant et après la Guerre du Golfe, criaient le ralliement avec les forces de l’occupation, et ce, en dépit de ses convictions personnelles concernant l’inexistence d’armes de destruction massive en Irak.
Parce qu’il avait peur de ses maîtres de la Maison-Blanche, peur aussi de perdre son poste, il n’a jamais osé dévoiler la vérité au grand jour. Il savait pertinemment qu’une telle position allait servir de précieux prétexte aux Américains et à leurs alliés pour détruire ce pays et écraser sa population arabe et musulmane.
Quand on lui demandait les raisons qui l’ont conduit à agir de cette façon, et pourquoi il n’agissait pas de la même manière avec les Israéliens qui détenaient l’arme nucléaire, il répondait avec une logique que même les plus orthodoxes des sionistes n’auraient pas défendue :»Israël n’est pas obligé de détruire son arsenal nucléaire»! Et le voilà, après avoir quitté son poste depuis des années, de nouveau sur la sellette, pour avoir proféré des menaces contre l’Iran. Encouragé, en effet, par le «succès» qu’il venait de remporter dans le pays du Tigre et de l’Euphrate, il est résolu à poursuivre dans la même voie même officieusement et sans pouvoir réel. En même temps, Hans Bliks continue à hausser le ton contre les responsables politiques américains, européens et israéliens qui ont fait circuler des mensonges, utilisé toutes sortes de mystifications en vue de cautionner une fausse accusation contre l’Iran.
Ce qui me pousse à évoquer ces faits après trois décennies et demie, c’est, en fait, moins la personne d’El Baradii elle-même que le symbole qu’elle incarne. Il est, en effet, l’exemple éhonté de l’Arabe de service de notre époque, qui a choisi comme métier de trahir sa nation, son identité et sa religion. Il est l’image miniaturisée de ces pouvoirs arabes inféodés.
À bien analyser les faits, le génocide à Gaza, la guerre civile au Soudan, les péripéties de la tragédie libyenne et yéménite se trament clairement.
J’ai insisté à plusieurs reprises, dans cette même rubrique, sur le fait qu’il n’y a pas plus vil que d’être un agent vendu à l’ennemi. Il n’y a pas plus abject qu’un traître à l’égard de sa nation. C’est la face immonde de l’être humanoïde, poursuivi par la malédiction de la terre et du ciel. Les traîtres finissent toujours dans la poubelle de l’histoire. Si les peuples rejettent les traîtres qui s’insinuent parmi eux, leurs maîtres commanditaires les rejetteront après coup, quand ils auront accompli leur sale besogne. Les exemples dans le monde arabe et son histoire sont, hélas, nombreux.
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