La France face au génocide palestinien : Entre diplomatie et contradictions

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Alors qu’un cessez-le-feu est entré en vigueur à Gaza, les défis humanitaires et matériels restent immenses. La reconstruction du territoire, dont le coût est estimé à 70 milliards de dollars par l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale, s’annonce comme une entreprise colossale. Ce chiffre reflète l’ampleur des destructions : 82 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, générant 55 millions de tonnes de gravats.
L’engagement diplomatique français
Sous les décombres, des milliers de corps restent ensevelis. L’aide humanitaire peine à répondre aux besoins : seuls 173 camions sont entrés le 12 octobre, alors que l’ONU estime que 600 camions par jour sont nécessaires. Près d’un quart de la population vit dans des conditions proches de la famine, et le système de santé est exsangue : seuls 14 hôpitaux sur 36 fonctionnent partiellement. La reconstruction du système de santé nécessiterait à elle seule 7 milliards de dollars.
Début septembre 2025, le député LFI (La France Insoumise) Thomas Portes a appelé via le réseau social X à une mobilisation à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle pour empêcher une livraison destinée au fabricant d’armes israélien Elbit Systems, un appel qui fait écho à la demande de transparence totale formulée par Amnesty International en juin 2025 concernant les exportations d’armes françaises vers Israël. Sur la scène diplomatique internationale, la France affiche une activité destinée à capter les projecteurs, publiant via France Diplomatie des communications qui suggèrent un engagement intense pour trouver une issue au conflit, bien que certains observateurs y décèlent une volonté de paraître active plutôt qu’une efficacité concrète. Elle se veut comme cheffe de file de la recherche d’une issue politique à la crise au Proche-Orient. Son action a contribué à la condamnation du Hamas par l’Assemblée générale des Nations unies et à l’adoption d’une feuille de route pour la mise en œuvre de la solution à deux États. Paris a également œuvré à la mobilisation des sociétés civiles palestinienne et celles de l’Occupant génocidaire en faveur de la paix, tout en préparant « le jour d’après » pour une paix durable dans la région. Enfin, la diplomatie française participe activement à la mise en œuvre des mesures de l’accord de cessez-le-feu avec ses partenaires à Charm El Cheikh.


Des contradictions diplomatiques
Le sommet de Charm El-Cheikh, boycotté par le Hamas et les représentants israéliens, a exposé des divergences profondes. Le président américain Donald Trump a écarté l’objectif d’un État palestinien, déclarant se concentrer exclusivement sur la reconstruction de Gaza. Cette position contredit les engagements français et égyptiens, qui défendent la solution à deux États comme « seule voie viable ». Sur le terrain, l’armée israélienne a reconnu avoir tué cinq Palestiniens après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
La communauté internationale se prépare à un effort de reconstruction sans précédent, mais les obstacles sont nombreux. Le déminage des restes explosifs pourrait prendre des décennies, et le processus de reconstruction lui-même nécessitera entre 14 et 20 ans si toutes les restrictions sont levées. Sans une solution politique inclusive et la fin des restrictions, la reconstruction de Gaza risque de rester incomplète.

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