En prenant part aux travaux du Sommet international de Charm el-Cheikh, tenu hier lundi 13 octobre 2025, la France a confirmé son rôle central dans la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza et la préparation d’une sortie de crise durable. Le Président Emmanuel Macron, présent aux côtés de plusieurs dirigeants arabes et occidentaux, a détaillé une feuille de route axée sur l’aide humanitaire, la sécurité régionale et la reconstruction politique du territoire palestinien.
Le cessez-le-feu, désormais effectif, ouvre la voie au retour des opérations humanitaires et à la réunification des familles séparées par la guerre. Le chef de l’État français a salué les efforts des négociateurs et insisté sur la nécessité de maintenir la dynamique diplomatique enclenchée ces dernières semaines
Une conférence euro-arabe pour la reconstruction
Le Président de la République a annoncé la co-organisation, dans les prochaines semaines avec l’Égypte, d’une conférence humanitaire euro-arabe consacrée à la reprise durable des opérations humanitaires et à la reconstruction de Gaza.
Cette initiative vise à accroître massivement les volumes d’aide et à autoriser l’accès à toutes les ONG et structures médicales sur le terrain. La France, à travers son Centre de crise et de soutien et en coordination avec les ONG partenaires, se dit prête à renforcer son engagement aux côtés des populations civiles.
Sur le plan sécuritaire, le sommet a permis d’avancer sur les contours d’une force internationale de stabilisation, en appui aux forces régionales et palestiniennes.
L’objectif : garantir un cadre de sécurité durable pour tous, assurer la démilitarisation du Hamas, et accompagner la formation de cadres palestiniens capables d’assurer la sécurité du territoire.
Selon les orientations présentées, la France et l’Europe contribueront à cette mission à travers leurs programmes de formation et d’assistance, en coordination avec l’Égypte, la Jordanie et Israël. Paris a déjà mis à disposition des moyens de planification auprès du commandement américain CENTCOM, tandis qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU est en préparation pour encadrer le déploiement de ces forces internationales.
La présence du Président Mahmoud Abbas à Charm el-Cheikh a été saluée par Emmanuel Macron comme un « signal très positif ». Le sommet a en effet consacré le rôle de l’Autorité palestinienne (AP) comme instance légitime et centrale pour la gouvernance de Gaza. Un comité administratif palestinien devrait être mis en place rapidement, afin de gérer la transition avant un transfert complet de l’administration à l’AP.
Le Président Abbas s’est engagé à poursuivre les réformes structurelles exigées par le plan franco-saoudien : loi sur les prisonniers, révision des manuels scolaires et organisation d’élections.
Pour Paris, la réforme et la modernisation de l’AP demeurent indispensables pour nourrir la perspective politique d’une solution à deux États.
La diplomatie française à l’initiative
Le Sommet de Charm el-Cheikh s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques franco-saoudiens qui ont abouti, en septembre, à la Déclaration de New York et à la Conférence sur la solution à deux États.
Ces initiatives ont permis de créer un large consensus international, adopté par 142 États, autour d’une feuille de route pour la paix et la sécurité dans la région.
Ce cadre commun a également inspiré le plan américain de stabilisation, qui prévoit la démilitarisation du Hamas et la consolidation institutionnelle de l’Autorité palestinienne.
Pour la France, l’essentiel est désormais de transformer ces engagements en actions concrètes. Emmanuel Macron a rappelé que « seule une approche collective et pragmatique » permettra de bâtir une paix juste et durable.
Une phase de transition sous haute vigilance
La France estime que la période qui s’ouvre sera délicate, marquée par de possibles tentatives de déstabilisation du cessez-le-feu.
Les forces internationales et palestiniennes, actuellement en formation, devront jouer un rôle crucial dans la préservation de la trêve et la sécurisation des zones civiles.
Paris insiste sur la nécessité d’un soutien renforcé à l’Autorité palestinienne, qui doit « avoir toute sa place » dans la gestion de Gaza, tout en poursuivant ses réformes internes.
Une approche fondée sur la responsabilité collective
À Charm el-Cheikh, le Président Macron a souligné que l’humilité et la persévérance seraient essentielles dans cette nouvelle étape.
La France, a-t-il affirmé, prendra pleinement sa part dans l’effort international pour la stabilisation, la reconstruction et la relance politique de Gaza, tout en travaillant à la consolidation d’un consensus durable pour la paix au Proche-Orient.