La saison de récolte des artichauts a officiellement débuté en Tunisie, s’annonçant cette année sous des perspectives encourageantes. Les récentes précipitations, enregistrées dans plusieurs régions agricoles du pays, ont joué un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de production, renforçant les espoirs d’une récolte de bonne qualité.
Selon les professionnels du secteur, ces pluies ont contribué à revitaliser les cultures, favorisant le développement des plants après une période marquée par des inquiétudes liées au stress hydrique. Cette amélioration climatique devrait avoir un impact positif tant sur les rendements que sur la taille et la qualité des artichauts destinés au marché local et à l’exportation.
En 2025, selon les chiffres officiels publiés, l’artichaut représente environ 7,7 % des exportations tunisiennes de légumes, confirmant son poids croissant dans la balance agricole du pays. La production destinée à l’exportation a atteint près de 3 300 tonnes, générant des recettes estimées à 8,2 millions de dinars, un niveau qui illustre l’importance économique de cette filière et son potentiel de développement sur les marchés extérieurs.
La répartition des superficies cultivées reflète une forte concentration géographique. Plus de 90 % des surfaces dédiées à la culture de l’artichaut se situent dans les zones du bassin inférieur de l’oued Medjerda, couvrant principalement les gouvernorats de La Manouba, Bizerte et l’Ariana, qui constituent le cœur historique de cette production.
En revanche, près de 9 % des superficies concernent de nouvelles zones de production, notamment dans les gouvernorats de Zaghouan, Nabeul et Kairouan, témoignant d’une dynamique progressive d’extension géographique de cette culture.
L’artichaut constitue une culture stratégique pour de nombreux agriculteurs tunisiens, en raison de sa valeur économique et de sa demande soutenue, notamment sur les marchés européens.
D’ailleurs, la ville de Jedaida, située dans le gouvernorat de La Manouba, qui concentre près de 30% des superficies nationales dédiées à la culture de l’artichaut et assure près de 40 % de la production, organise à partir de ce mercredi 4 février, la 4ᵉ édition de son festival régional de l’artichaut. Cet événement illustre parfaitement l’importance de ce produit pour la ville et sa filière agricole locale.
Le programme de cette manifestation, à la fois culturelle et agricole, prévoit notamment une table ronde intitulée : « La culture de l’artichaut dans le gouvernorat de La Manouba : réalités, perspectives et mécanismes d’adaptation aux changements climatiques », qui réunira producteurs, experts et acteurs institutionnels pour débattre des enjeux actuels et futurs de cette culture stratégique.
Photos : Jalel Ferjani