La Tunisie, deuxième cible africaine des cyberattaques via de fausses applications

Your browser does not support the audio element.

Selon une analyse des cybermenaces réalisée au premier trimestre 2025, la Tunisie se classe au deuxième rang des pays africains les plus touchés par des attaques de pirates informatiques utilisant de fausses applications populaires comme appât. Ces programmes malveillants, qui imitent des logiciels légitimes tels que ChatGPT, Zoom ou Microsoft Office, visent à infiltrer les réseaux des entreprises sans éveiller les soupçons.
Un risque informatique de premier plan en Afrique
Les données du Kaspersky Security Network indiquent que près d’un quart des entreprises tunisiennes ont été confrontées à ce type d’attaque entre janvier et avril 2025, ce qui place le pays à la deuxième position en Afrique avec un taux de 24 %. Seul le Maroc enregistre un pourcentage supérieur sur le continent, avec 41 % des attaques. Cette situation s’inscrit dans un contexte où les cybercriminels déploient des méthodes spécifiques pour compromettre les systèmes. Par ailleurs, l’Algérie a subi 16 % de ces assauts, tandis que le Sénégal et le Cameroun ont chacun enregistré 7 %.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut s’intéresser aux outils privilégiés par les assaillants. Les chercheurs en sécurité identifient trois principales catégories de logiciels hostiles. En premier lieu, les portes dérobées constituent la menace la plus répandue en Europe, représentant 24 % des infections. Ces programmes, installés à l’insu de l’utilisateur, offrent un contrôle à distance complet de l’ordinateur de la victime. Ensuite, les chevaux de Troie arrivent en seconde position, avec 17 % des attaques. Leur fonction est d’effectuer des actions non autorisées qui perturbent le fonctionnement des systèmes. Enfin, les « not-a-virus:Downloaders » complètent ce classement, avec 16 %. Bien que ces applications ne soient pas toujours dangereuses à l’origine, elles sont conçues pour télécharger du contenu supplémentaire depuis Internet. Elles deviennent un vecteur d’attaque car elles informent rarement l’utilisateur de la nature des fichiers installés, une faille exploitée par les pirates.
La sensibilisation, une défense essentielle pour les entreprises
Face à cette offensive numérique, la parade ne repose pas uniquement sur des solutions technologiques onéreuses. Un chercheur principal en sécurité de Kaspersky, Marc Rivero, souligne que la meilleure défense consiste à comprendre les modes opératoires des pirates pour fermer les portes qu’ils tentent d’ouvrir. Son analyse appelle les entreprises à renforcer la formation de leurs employés. Cette vigilance accrue est d’autant plus cruciale que les attaques reposent sur la tromperie. Les salariés, ciblés par de fausses versions d’applications connues, peuvent involontairement devenir le maillon faible par lequel l’intrusion se produit. Par conséquent, la capacité à identifier une tentative d’hameçonnage ou un logiciel frauduleux s’impose comme un rempart décisif pour la sécurité globale du réseau.

Related posts

Histoires d’eau

Emploi des jeunes : La Banque mondiale présente ses projections démographiques pour les pays en développement

L’Union européenne ouvre les candidatures pour son Programme des visiteurs 2027 aux professionnels tunisiens