La Tunisie face à des perspectives économiques contrastées selon la BAD

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La Banque africaine de développement prévoit une croissance de 1,9% pour la Tunisie en 2025, suivie d’une légère accélération à 2,3% en 2026. Ces projections reposent principalement sur les performances attendues des secteurs agricole et manufacturier, bien que l’environnement économique global reste marqué par plusieurs déséquilibres structurels.
Amélioration des indicateurs financiers
L’inflation devrait continuer à diminuer, passant à 6,4% en 2025 puis 6,1% en 2026, sous l’effet combiné d’une politique monétaire restrictive et d’un contexte international moins inflationniste. Parallèlement, le déficit budgétaire montrerait une tendance à la baisse, s’établissant à 5,3% du PIB en 2025 avant de se réduire à 4,9% en 2026. Cette évolution reflète les efforts d’assainissement des finances publiques entrepris par les autorités.
La situation extérieure présente des résultats contrastés. Alors que le déficit courant s’est amélioré en 2024 pour atteindre 1,7% du PIB contre 2,6% en 2023, le déficit commercial s’est creusé de 11%, principalement en raison de l’augmentation des importations d’énergie et de biens d’équipement. Dans ce contexte, les transferts des Tunisiens à l’étranger, en progression de 6%, ont représenté 5,3% du PIB, dépassant ainsi les recettes touristiques qui se sont établies à 4,6% du PIB.
Risques et défis structurels
Les réserves de change ont atteint un niveau équivalent à 121 jours d’importations fin 2024, soutenues par une augmentation de 21,4% des investissements directs étrangers, particulièrement dans les secteurs manufacturier et énergétique. Cependant, le taux de pression fiscale de 25,1% du PIB reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants de financement public, une situation aggravée par le poids de l’économie informelle et les pratiques d’évasion fiscale.
Les perspectives économiques demeurent soumises à plusieurs incertitudes. Les tensions géopolitiques régionales et les perturbations des échanges internationaux pourraient affecter la demande extérieure et augmenter les coûts d’importation. De plus, l’accès limité aux financements extérieurs et le niveau élevé d’endettement continuent de peser sur la marge de manœuvre des autorités. Face à ces défis, la Tunisie devra poursuivre ses réformes structurelles tout en maintenant une politique budgétaire prudente pour consolider sa stabilité macroéconomique à moyen terme.

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