Les États-Unis ont annoncé, mercredi 14 janvier 2026, la suspension du traitement des visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays, parmi lesquels figure la Tunisie. Cette décision s’inscrit dans une nouvelle série de mesures restrictives adoptées par l’administration du président Donald Trump en matière d’immigration.
Selon le département d’État américain, cette suspension repose sur l’utilisation élargie d’une disposition permettant de refuser l’entrée aux personnes susceptibles de recourir à l’aide sociale publique. Désormais, cette base juridique est appliquée de manière générale, en fonction de la nationalité des demandeurs.
« Le traitement des visas d’immigrant en provenance de ces 75 pays sera mis en pause pendant que le département d’État réévalue les procédures de traitement de l’immigration afin d’empêcher l’entrée de ressortissants étrangers susceptibles de dépendre de l’aide sociale », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du département d’État.
La liste complète des pays concernés n’a pas été rendue publique à ce stade. Toutefois, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que des pays aussi divers que la Somalie, la Russie et l’Iran figuraient parmi les États visés. Selon des informations relayées par Fox News, d’autres pays alliés des États-Unis, dont le Brésil, l’Égypte et la Thaïlande, seraient également concernés, ce qui place la Tunisie dans un groupe hétérogène de pays touchés par cette mesure.
Les autorités américaines précisent que cette suspension ne concerne pas les visas de tourisme, d’affaires ni les autres catégories de visas temporaires, y compris pour les supporters souhaitant se rendre aux États-Unis à l’occasion de la Coupe du monde de football prévue cette année. En revanche, l’administration Trump a annoncé un renforcement des contrôles, notamment à travers l’examen des historiques de réseaux sociaux des demandeurs.
Cette décision intervient dans un contexte de durcissement marqué de la politique migratoire américaine. Le département d’État a indiqué avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, un chiffre record sur une période aussi courte. De son côté, le département de la Sécurité intérieure a annoncé, le mois dernier, l’expulsion de plus de 605 000 personnes, tandis que 2,5 millions d’autres auraient quitté le pays de leur propre initiative.
Pour la Tunisie, incluse dans cette liste de 75 pays, cette suspension risque de compliquer les projets d’installation permanente aux États-Unis de nombreux candidats à l’émigration, dans un contexte où la mobilité internationale est déjà fortement contrainte par les politiques migratoires des grandes puissances.