La Tunisie figure au quatrième rang mondial en termes de consommation d’eau en bouteille par habitant, avec une moyenne annuelle estimée à 244 litres par personne. Ce chiffre, inchangé depuis plusieurs années, reflète une forte défiance des citoyens envers l’eau du robinet et soulève des interrogations sur la qualité du service public de l’eau potable.
Selon l’expert en développement et en gestion des ressources, Hussein Rehili, cette consommation pèse lourdement sur les ménages tunisiens. Lors de son intervention sur les ondes de Mosaïque FM, il a estimé que le budget mensuel consacré à l’achat d’eau en bouteille s’élève, en moyenne, entre 135 et 140 dinars par famille. Une charge significative, d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte de pression hydrique persistante.
Malgré une amélioration du taux de remplissage des barrages en Tunisie, passant de 27% à 40%, la situation hydrique reste préoccupante en raison des disparités régionales et de la nécessité d’une gestion durable des ressources.
Face à cette situation, Rehili insiste sur la nécessité d’investissements importants pour améliorer la qualité de l’eau potable distribuée par le réseau public. Selon lui, seule une telle politique pourrait permettre de réduire la dépendance croissante à l’eau embouteillée et de restaurer la confiance des citoyens dans les infrastructures hydrauliques du pays.