Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a annoncé que le président Recep Tayyip Erdoğan a donné son accord pour un plan de largage aérien d’aides humanitaires dans la bande de Gaza, en dépit des avertissements des Nations unies sur la dangerosité de cette méthode et sur le risque que les secours n’atteignent pas les populations dans le besoin.
Ces déclarations ont été faites vendredi lors d’une session extraordinaire du Parlement turc, consacrée à la situation à Gaza, qualifiée par Ankara d’« extermination » commise par l’occupation contre les Palestiniens.
Le ministre a souligné que l’Autorité turque des catastrophes et urgences (AFAD) et le Croissant-Rouge turc travaillent 24 heures sur 24 pour acheminer les aides, en coordination avec les autorités égyptiennes. Selon lui, l’acheminement par les points de passage terrestres demeure la priorité absolue en raison du contexte sécuritaire imposé par le conflit.
Concernant le largage aérien, Fidan a précisé que cette option a été étudiée et que des discussions ont eu lieu avec la Jordanie. Il a toutefois insisté sur le fait que l’occupation israélienne utilise fréquemment ce type de largage comme mesure cosmétique sous pression internationale, mais que chaque gramme de nourriture reste vital pour les civils.
Le ministre a également rappelé que les organisations internationales, y compris plusieurs agences de l’ONU, ont mis en garde contre les risques de victimes et l’inefficacité du largage aérien. Malgré ces avertissements, la Turquie a soumis le plan au président Erdoğan, qui l’a approuvé.
Enfin, Fidan a précisé que les avions turcs devront survoler l’espace aérien jordanien, et que des discussions répétées ont eu lieu avec Amman pour utiliser tout appareil jugé approprié. Cependant, aucun accord n’a pu être trouvé avec Israël pour faciliter l’opération.