L’administration du président américain Donald Trump a engagé un remaniement de son appareil diplomatique. Par conséquent, elle a décidé le rappel anticipé de près de trente ambassadeurs en poste à travers le monde. Cette démarche concerne majoritairement des diplomates de carrière nommés sous la précédente administration. Qui plus est, elle touche particulièrement le continent africain, où quinze chefs de mission sont concernés, dont celui en Algérie, voisine de la Tunisie.
En Afrique, les pays affectés sont l’Algérie, le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Gabon, Madagascar, l’île Maurice, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Somalie et l’Ouganda. Selon des informations concordantes, plusieurs ambassadeurs ont été informés par téléphone de la fin prochaine de leur mandat. D’autre part, un départ est exigé d’ici la mi-janvier 2026.
Si les changements d’ambassadeurs sont courants lors des alternances politiques, cette vague de rappels est jugée inhabituelle. En effet, la pratique veut que les diplomates de carrière restent en poste jusqu’à l’arrivée de leur successeur. L’Association américaine du corps diplomatique a dénoncé une décision « sans explication ». Elle estime que cette décision « sape la crédibilité des États-Unis à l’étranger » et envoie un « signal inquiétant » au corps diplomatique professionnel.
De son côté, le département d’État américain n’a pas confirmé la liste des pays concernés, tout en évoquant un « processus standard ». Par ailleurs, un haut responsable a rappelé qu’un ambassadeur est un « représentant personnel du président ». Par conséquent, ce dernier est en droit de s’assurer que ses diplomates portent le programme « America First ».
Cette décision s’inscrit dans une refonte plus large. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump, avec son secrétaire d’État Marco Rubio, a engagé une réorganisation en profondeur. Celle-ci s’est traduite par le renvoi de centaines de fonctionnaires. En plus, elle inclut la réorganisation des priorités du département d’État et la suppression de l’Agence américaine pour le développement international. En parallèle, Washington multiplie les nominations de diplomates jugés proches de l’administration actuelle.
Pour l’Afrique, cette recomposition diplomatique intervient dans un contexte de recentrage de l’engagement américain. Cet engagement se concentre notamment sur les questions migratoires et sécuritaires. D’autre part, il s’agit aussi de répondre à la concurrence stratégique avec d’autres puissances étrangères sur le continent.