Un ouvrage jeunesse actuellement en rayons dans les librairies suscite un vif débat. Intitulé « Zina et Zizou savent dire non », ce récit appartient à la collection « Cultures de l’enfance », composée de sept titres publiés conjointement par Éditions Kitabi et Michel Lafon Éducation, en partenariat avec l’UNESCO et l’ADEA.
Destinée aux enfants à partir de 10 ans, cette série est disponible en deux versions, arabe et française, et se veut un outil éducatif conforme aux programmes officiels. Mais depuis sa sortie, l’un des titres fait l’objet d’une vive controverse sur les réseaux sociaux.
Des internautes dénoncent un contenu jugé « choquant, inapproprié et portant atteinte aux mœurs », appelant à boycotter l’ouvrage et à le retirer des rayons. La polémique a pris de l’ampleur lorsqu’elle a été évoquée à l’antenne de la radio Diwan FM, dans l’émission « Ness Diwan ». Les intervenants y ont affirmé que le livre comporterait « des images et des insinuations sexuelles, voire la description de certaines situations intimes ».
Face à ces accusations, Shahrazed Belgaroui, graphiste-designer et fille des fondateurs de la maison d’édition, a pris la parole sur Facebook pour défendre le projet. « Ce récit sensibilise les enfants au harcèlement sexuel. J’y ai moi-même participé et j’en suis très fière. Pourtant, cette radio nous attaque sans prendre en considération l’approche éducative de cette série. On nous demande de retirer ce titre, et c’est révoltant. Ce livre devrait être diffusé partout pour protéger nos enfants, pas censuré », a-t-elle écrit.
Selon elle, les 24 pages de ce récit ne relèvent en rien d’un contenu déplacé, mais s’inscrivent pleinement dans une démarche pédagogique visant à doter les enfants d’outils pour se protéger face aux comportements abusifs.
La polémique autour de « Zina et Zizou savent dire non » relance une question sensible : celle de l’éducation sexuelle à l’école. Si de nombreuses voix plaident pour l’intégrer dans les programmes dès les premières années de scolarité, le sujet demeure un tabou sociétal et aucune décision officielle n’a encore été prise.
Ce débat, qui continue d’enfler, pourrait-il être l’élément déclencheur pour mettre enfin sur la table ce dossier longtemps repoussé ? L’affaire semble en tout cas cristalliser les tensions entre défenseurs d’une approche éducative moderne et partisans d’une vision plus conservatrice de la pédagogie.