Dans une interview accordée à Hatem Bourial sur les ondes de RTCI, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a détaillé les axes majeurs de la coopération bilatérale, avec un accent particulier sur l’employabilité des jeunes, les projets hydrauliques et les échanges culturels.
Les projets de l’Agence Française de Développement
L’ambassadrice a d’emblée souligné que la jeunesse tunisienne constitue une priorité absolue pour la coopération française. « Si j’avais un message, ce serait celui-là. C’est vraiment que la jeunesse est au cœur de notre action dans l’ensemble de la Tunisie », a-t-elle déclaré .
Elle a précisé que cet engagement se concrétise à travers divers programmes tels que le soutien aux associations via des fonds Equipe France, l’amélioration de l’accès à l’enseignement supérieur et la mobilité étudiante. Actuellement, 14 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études en France, avec environ 5 000 nouveaux étudiants chaque année .
Anne Guéguen a ensuite expliqué les trois conventions signées récemment avec l’Agence Française de Développement (AFD) pour un montant total de 185 millions de dinars. Ces programmes visent à soutenir des projets concrets dans plusieurs domaines prioritaires .
Dans le secteur hydraulique, elle a indiqué : « Nous travaillons avec l’ONAS et la SONEDE sur de nouveaux programmes pour permettre d’avoir de nouveaux réservoirs, de nouvelles stations de traitement et des systèmes d’adduction d’eau à Tunis mais également au-delà au Cap Bon, au Sahel, à Sfax ». Elle a ajouté que la réutilisation des eaux traitées dans l’agriculture constitue une priorité, ce secteur consommant 80% des ressources en eau .
Pour la formation professionnelle, l’ambassadrice a cité 5 millions d’euros dédiés à la modernisation de centres de formation professionnelle à Sousse et Grombalia, permettant de former 1 800 jeunes. S’y ajoutent le Programme d’Appui à la Formation Professionnelle (PAFIP) de 15 millions d’euros qui a bénéficié à 11 500 personnes, et le soutien à la rénovation de quatre centres de formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie .
Inclusion sociale et autonomisation des femmes
L’ambassadrice a également insisté sur l’importance de la réduction des inégalités. « C’est une autre des priorités de notre coopération avec la Tunisie : contribuer à la réduction des inégalités sociales et territoriales à travers des projets de développement rural », a-t-elle affirmé.
Elle a particulièrement mentionné le programme Efort qui vise à l’autonomisation économique des femmes rurales dans des gouvernorats comme Béja, Gafsa et Kasserine. « Cela permet de soutenir des projets entrepreneuriaux qu’ont certaines de ces femmes », a-t-elle illustré, évoquant le cas d’une entrepreneure de la région de Jendouba qui a développé une entreprise autour des produits dérivés du caroube .
Le réseau culturel français en Tunisie comprend l’Institut Français de Tunisie avec ses antennes à Tunis et Sousse, la Maison de France à Sfax, et plusieurs Alliances Françaises. Anne Guéguen a également mentionné le réseau AEFE qui compte 32 établissements scolaires homologués, et le label France Éducation accordé à 62 établissements tunisiens, soit un triplement de leur nombre .
Dans le domaine scientifique, elle a souligné l’excellence de la coopération, citant notamment l’Institut Pasteur de Tunis qui accueille des laboratoires de recherche de haut niveau, et les 20 000 publications conjointes franco-tunisiennes .
L’ambassadrice a annoncé la tenue prochaine de la Journée du Volontariat Français à Sousse, le 3 octobre 2025, coordonnée par France Volontaires. En 2024, 275 volontaires ont été accompagnés par cette structure en Tunisie, tandis que 28 jeunes Tunisiens ont effectué des missions en France dans le cadre du Service Civique ou du Corps Européen de Solidarité .
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