L’année de toutes les guerres

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S’il faut élire l’homme de l’année 2025, ce sera Donald Trump, l’homme qui a promis d’être celui de « la Paix dans le monde » mais qui n’a pu concrétiser son rêve de Prix Nobel de la Paix. Le président américain paraît, désormais, comme celui de toutes les guerres parce qu’il n’a pu stopper aucune d’entre elles. Pire, elles se sont enflammées, étendues, elles sont plus technologiques, plus meurtrières, plus longues, plus méprisantes du droit international et des valeurs morales, plus injustes.
La guerre de Poutine en Ukraine, le génocide sioniste à Gaza, la honteuse guerre fratricide au Soudan s’ajoutent à d’autres foyers de tensions : Libye, Syrie, Iran et d’autres centres de rivalités : Maghreb, Asie… Et depuis quelques semaines, les Etats-Unis de Trump imposent un blocus sur les pétroliers vénézuéliens et ont déjà saisi deux bâtiments en pleine mer. Argument américain officiel : la traque du flux illégal de pétrole qui finance le narcotrafic et le terrorisme. Le contre-argument vénézuélien : Trump brandit la menace d’une guerre pour s’approprier le pétrole.
La guerre russo-ukrainienne a transformé l’Europe en profondeur et impacté le quotidien des individus à travers le monde en provoquant une crise énergétique et alimentaire profonde, des perturbations des chaînes d’approvisionnement, des hausses des prix des matières premières (aliments, engrais), des fluctuations des prix des combustibles. Après quatre ans de tueries, de valses diplomatiques, de tractations politiques, de sanctions économiques et de dégradation des relations entre les pays européens et la Russie, historiquement appartenant à l’Europe, aucun projet d’accord de paix ou de cessez-le-feu n’a pu encore être entériné malgré les efforts du président américain et son administration, ce qui suscite le doute sur la bonne foi des uns et des autres à vouloir la paix et pas la guerre.
Gaza. L’humanité sacrifiée à l’aune de la falsification de l’histoire, de la loi du plus fort, de la cupidité, de l’égocentrique « après moi le déluge ». Le cessez-le-feu signé en grande pompe à Charm Echeikh sous le regard du monde entier n’est pas respecté par l’entité sioniste, les Palestiniens continuent de vivre dans des conditions inhumaines, des centaines continuent de mourir sous les balles des soldats sionistes, sous la torture dans les prisons israéliennes, par le froid, par la faim, par le manque de soins, par l’abandon et l’impuissance de la communauté internationale. Gaza ne cesse de mourir, de gémir, de souffrir et s’apprête, de plus, à accueillir en 2026 une nouvelle forme de colonisation, de nouveaux occupants sous les ordres de la Maison-Blanche, avec la bénédiction de la communauté internationale qui a validé le « Plan de Paix de Trump » à Gaza. L’enclave passera sous tutelle américaine et israélienne. L’occupant n’est plus un, ils sont désormais deux avec le soutien des pays arabes de la région du Moyen-Orient et le désappointement de ceux qui ont voté aux Nations unies pour la création d’un Etat palestinien et ceux qui croient encore et toujours que la terre spoliée est palestinienne et que le droit finira par être recouvré.
Ailleurs, dans les pays occidentaux, la vague de l’islamophobie atteint des sommets jusqu’à la tête des Etats. La radicalisation du discours politique et du débat public et médiatique instaure un climat raciste et xénophobe décomplexé. Les musulmans y connaissent des jours sombres, ils sont persécutés, harcelés, stigmatisés, à des degrés divers, mais toujours humiliés, dénigrés. La liberté de culte et d’habit recule quand le sujet est l’Islam et toute infraction commise par un migrant est un crime grave quand ce n’est pas un acte terroriste. La vague d’islamophobie accompagnée de la criminalisation de la solidarité avec la Palestine est présentée comme la réponse à une montée de l’antisémitisme, depuis le 7 octobre 2023, que les partis d’extrême droite, qui progressent en Europe et ailleurs, exploitent sans modération à des fins électoralistes. Parallèlement, ces pays se barricadent face à l’immigration au moyen de politiques migratoires de plus en plus restrictives et répressives et de frontières de plus en plus infranchissables pour couper la route aux migrants irréguliers, sauf que les migrants réguliers aussi ne sont pas épargnés, notamment par un durcissement des procédures d’octroi ou de renouvellement des titres de séjour.  Au point que beaucoup pensent déjà à partir ou sont déjà partis.
Dans ce monde où la haine de l’autre devient une idéologie propice aux amalgames et un argument politique inscrit dans un projet électoral, l’avenir proche et lointain s’annonce problématique, dangereux et conflictuel. La roue pourrait-elle un jour tourner à l’envers ? Rien n’est moins sûr. Les extrêmes droites prospèrent précisément sur les amalgames et les peurs. La machine est définitivement lancée sous la houlette du maître du monde, Donald Trump. Depuis sa première élection et surtout pendant son actuel second mandat, il est devenu le principal catalyseur de l’idéologie de l’extrême droite aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique latine et ailleurs dans le monde. Ses slogans « Make America Great Again », « America first », émanent d’une vision qui prône le nationalisme, la xénophobie, l’autoritarisme et l’anti-multilatéralisme. L’année 2026 sera assurément bien agitée autant que celle qui la précède, de nouvelles guerres pourraient éclater et les dirigeants des « petits » pays vont continuer à trembler.

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