L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution pour créer la Journée internationale du régime méditerranéen, célébrée chaque année le 16 novembre. Cette décision a été saluée par l’ambassade d’Italie en Tunisie, un des pays ayant soutenu la proposition aux côtés de la Croatie, Chypre, la France, la Grèce, le Liban, le Maroc, le Portugal, Saint-Marin et l’Espagne. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) considère cette résolution comme une reconnaissance de la valeur de l’un des régimes alimentaires les plus étudiés au monde.
Le régime méditerranéen représente bien plus qu’une simple liste d’aliments. En effet, l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010. Ce régime est fondé sur des principes communs comme une consommation abondante de fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses, une utilisation prédominante d’huile d’olive, et une consommation modérée de poisson, de produits laitiers, d’œufs et de viande. Par ailleurs, ses bienfaits pour la santé sont documentés depuis plus de soixante ans, car des recherches ont démontré son efficacité pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, de certains cancers et de troubles dépressifs.
Néanmoins, ce patrimoine alimentaire est confronté à des pressions. La mondialisation, l’urbanisation et l’évolution des modes de vie ont favorisé l’abandon des pratiques traditionnelles. En conséquence, une augmentation des taux de surpoids et d’obésité est observée chez les enfants et les adultes dans la région méditerranéenne. C’est pourquoi l’institution de cette journée internationale vise à renforcer la sensibilisation mondiale. Son objectif est de promouvoir des politiques publiques capables de préserver ce régime et les traditions qui l’accompagnent.
Pour la Tunisie, cette reconnaissance internationale possède une dimension pratique et économique. L’Italie et la Tunisie partagent un patrimoine gastronomique important. Les échanges commerciaux dans le secteur agroalimentaire placent l’Italie parmi les principaux fournisseurs de l’UE vers la Tunisie, avec une part de marché de 4.2 %. De plus, l’Italie compte parmi les principaux investisseurs du secteur agroalimentaire tunisien, avec des dizaines d’entreprises qui emploient des milliers de personnes. Cette collaboration devrait se développer grâce à des initiatives comme le Plan Mattei, qui désigne la Tunisie comme pays prioritaire. Enfin, la FAO soutiendra les pays membres dans la promotion de régimes alimentaires sains et développera un centre de connaissances dédié aux habitudes alimentaires méditerranéennes.