L’avant-garde

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L’Espagne prend des mesures opposées à la politique génocidaire et Israël y perçoit, tout de suite, une offensive anti-sémite. Proclamée liquidée par Netanyahu et son cabinet guerrier, la résistance palestinienne attaque à Jérusalem. Pour venger les six tués, Tsahal frappe le Qatar où furent ciblés des négociateurs du Hamas.
Retransmis sur la chaîne LCI, Trump se dit « pas ravi » par l’agression de Doha. L’expression « pas ravi » adresse un ersatz d’excuse au Qatar sans pour autant gêner l’allié. Dans les « Essais », Montaigne écrivait : « La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute ». Plus prosaïque, nous désignons l’émetteur et le récepteur. Avec le scandale de Doha c’est l’instant où la pseudo-civilité rivalise avec l’hypocrisie et la duplicité. Le 13 septembre, Marc Rubio arrive à Tel-Aviv pour, dit-il, assurer à Israël un soutien inchangé après la frappe sur Doha. Est-ce à dire que le monstre, déprimé, aurait besoin d’un soutien ? Aurait-il éprouvé le ressenti par Alexandre Minkowski lorsqu’il écrit : « Et je compris soudain tout ce qui devait se dire jusque-là dans mon dos, que j’étais un infâme et le pire des juifs. Et il est juste, enfin, que nous ayons à payer pour ce que la juiverie internationale a fait subir à ce beau pays ». L’armée coloniale encercle Gaza et le monde entier, mis à part les salopards, encercle Israël reclus au centre d’un ressentiment universel et sans appel.
A l’avant-garde, Madrid, l’admirable, exaspère le criminel de guerre. Netanyahu, le sauvage rendu fou de rage, réplique, par une extrême violence, à l’imminente reconnaissance internationale de la Palestine. L’animal ordonne l’assaut final pour déloger toute la population de Gaza-ville, détruire les bâtiments civils, « éradiquer » le Hamas et, ainsi, « terminer le travail », mot dit par le maudit parrain américain. Tout au long de l’affrontement déclenché le 7 octobre, les médias sionistes systématisent, à l’unisson, la falsification de l’information. Ils annoncent 250.000 partis de Gaza-ville quand l’effectif exact est 68.000. L’ONU crédibilise le Hamas. De manière générale, tout médiateur encaisse l’influence du système d’appartenance. Et l’interférence vrille le secteur médiatique au champ politique, l’un à l’autre étroitement lié. Ainsi, les contributions d’Alain Filkielkraut et de Bernard-Henry Lévy reflètent les prises de position énoncées par Israël Katz, Netanyahu et compagnie. Ce quarteron médiatico-politique fustige le Jihad islamique accusé de religiosité.
Cependant, selon Trump et Netanyahu, le retour du messie attendu exige le nettoyage de la terre promise et donc l’impératif catégorique de leur mainmise.
Dans ces conditions œcuméniques, jihad évangélique et jihad hébraïque unissent l’Amérique et Israël intéressés au nettoyage ethnique.
Une guerre de religion enrobe l’usurpation et l’annexion menées au nom de la « démocratisation ».
Dès lors, défendre le droit d’une population à disposer d’elle-même et de sa terre commet un crime, selon les tenants d’une chimère. Voilà pourquoi la vermine bâtie sur la rapine prétend infliger des sanctions à la Tunisie, soutien de la Palestine.
Au pays du “Namoutou”, cela ne marchera pas. Pendant ce temps, Israël, champion de la corruption propose de l’argent aux Palestiniens encouragés à quitter les territoires occupés. Pour l’Etat-vautour, le peuple isolé, affamé, assoiffé, bombardé, canardé, humilié serait, à l’arrivée, enclin à décamper, surtout avec un magot empoché.
Moyennant finance, nerf de la guerre, les rescapés du génocide seront, à leur tour, déracinés avec, en sus, leur consentement provoqué.
Complémentaires, les mesures mises en branle par les génocidaires obéissent à une seule préoccupation : déraciner un peuple entier pour accaparer sa terre où la guerre engendre des milliers de morts et de handicapés. Par ce résultat, Israël fabrique de lui-même « le plus froid des monstres froids », dira Zarathoustra. Durant la Seconde Guerre mondiale, Théodor Adorno, Max Harkheimer et Walter Benjamin, fondateurs de l’Ecole de Francfort, à connotation freudo-marxiste, vomissent le nazisme et choisissent l’exil. En Israël qui, révulsé par le nazisme du sionisme, déserte ce repaire de génocidaires ? Ici, le système d’appartenance charrie la falsification de l’information, inculque l’arrogance, apprend l’insolence et assassine l’excellence.

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