Le Centre Arabe de Formation et de Recherche sur les Femmes (CAWTAR) a organisé récemment à Tunis son premier symposium consacré aux méthodologies de recherche sur les violences basées sur le genre. Cette initiative s’inscrit dans un programme plus large qui couvre cinq régions tunisiennes : le Grand Tunis, El Kef, Sfax, Sousse et Gabès.
Le programme vise à rassembler différents acteurs, notamment des universitaires, des membres de la société civile et des experts spécialisés. Son objectif principal est d’améliorer les capacités de recherche sur les violences faites aux femmes en utilisant des méthodologies adaptées aux questions de genre. Des chercheurs locaux, des doctorants et des étudiants en master participeront à des travaux de terrain dans les cinq régions ciblées. Chaque symposium accueillera également un chercheur international qui présentera ses travaux et contribuera à adapter les méthodologies au contexte tunisien.
Hadia Belhaj Youssef, coordinatrice du programme au CAWTAR, a souligné les limites des recherches existantes sur ce sujet. Les études disponibles se concentrent souvent uniquement sur les violences physiques et sexuelles ou s’appuient principalement sur les données officielles. Elle a également pointé du doigt le manque de recherches de terrain approfondies couvrant les différentes formes de violences et leurs dimensions complexes.
Ce programme bénéficie d’un soutien international, avec la participation de l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (Aecid) et de la Coopération belge au développement (Enabel). Ces collaborations visent à renforcer les échanges méthodologiques et à produire des connaissances plus précises sur les violences basées sur le genre en Tunisie.