Ce mardi 22 juillet 2025, le PDG de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), Abdelhamid Mnaja, visiblement très inspiré, a décidé de faire une sortie médiatique remarquée sur Jawhara FM. Son message ? Il boit personnellement l’eau distribuée par son entreprise. Oui, lui, le grand patron d’un des services publics les plus critiqués du pays, affirme haut et fort qu’il consomme chaque jour cette fameuse “eau potable” de la SONEDE. Presque un acte militant.
Il va plus loin. Il nous assure que cette eau est parfaitement contrôlée, que rien de non conforme n’arrive dans nos verres, et que l’absence de pandémies et des virus en Tunisie serait due à la qualité de cette eau. Rien que ça. Il fallait oser, il l’a fait.
Problème : les Tunisiens, eux, ne semblent pas partager ce grand élan de confiance. À tel point que le pays se classe 4e au monde en consommation d’eau en bouteille. Oui, malgré des tarifs en hausse, des pénuries d’eau estivales à répétition et des coupures à n’en plus finir, les citoyens préfèrent dépenser plutôt que de boire ce qui sort de leur robinet. Mais le PDG, lui, voit ça peut-être comme une coïncidence. Ou un malentendu.
Et les vidéos qui circulent de temps en temps montrant une eau jaunâtre voire brunâtre, trouble ou franchement douteuse dans certaines régions ? Il lui suffisait pourtant de faire un petit tour sur les réseaux sociaux pour redescendre sur terre . Des vidéos circulent depuis des années, montrant une eau trouble, jaunâtre, parfois carrément opaque, jaillissant des robinets. Une réalité bien éloignée de son discours lisse sur une eau “contrôlée”.
Les réactions ne se sont pas fait attendre : sur les réseaux sociaux, les internautes oscillent entre rires, sarcasme et incrédulité. Finalement, cette déclaration sonne comme une tentative désespérée de redorer une image publique ternie par des années de gestion chaotique. Mais à force de prendre les citoyens pour des naïfs, on finit surtout par les énerver. Ou les faire rire. Jaune. Comme l’eau du robinet.
Med Ali Sghaïer