Le Pétrole enregistre sa plus forte hausse hebdomadaire depuis juin

Barrels for storing oil

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Le marché pétrolier connaît une semaine mouvementée, avec le baril de Brent frôlant les 70 dollars ce vendredi. Cette performance place les cours près de leur plus haut niveau depuis huit semaines, et s’apprête à clore la plus forte progression hebdomadaire enregistrée depuis le mois de juin. L’envolée des prix trouve son origine dans les tensions géopolitiques accrues autour des exportations énergétiques russes, lesquelles alimentent les craintes sur l’approvisionnement mondial.
La situation découle directement des développements du conflit ukrainien. Le président américain a récemment appelé son homologue turc à suspendre les importations de pétrole russe, afin de renforcer les pressions économiques contre Moscou. Parallèlement, les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes ont conduit la Russie à annoncer des mesures de rétorsion. Le vice-Premier ministre russe Alexander Novak a ainsi décrété une interdiction partielle des exportations de diesel jusqu’à la fin de l’année, tout en prolongeant l’interdiction des exportations d’essence. Ces décisions officielles font suite à une réduction des capacités de raffinage dans le pays, ayant provoqué des pénuries locales de certains carburants.

Les experts du marché pointent du doigt les risques géopolitiques comme principal moteur de la flambée des cours. Les craintes de sanctions supplémentaires contre l’industrie pétrolière russe, couplées aux perturbations des infrastructures énergétiques, maintiennent une pression haussière sur les prix. Cependant, cette tendance est partiellement tempérée par le retour des exportations de pétrole kurde sur les marchés internationaux. De plus, les anticipations modérées concernant une baisse des taux d’intérêt américains contribuent également à limiter l’ampleur de la hausse.
La perspective d’un ralentissement économique dans les principales zones consommatrices représente un autre élément modérateur. Certains analystes estiment que si les indicateurs de sentiment en Chine, aux États-Unis et en Europe venaient à stagner, les cours pourraient retrouver leur fourchette habituelle de fluctuation, comprise entre 65 et 70 dollars. Cette fourchette caractérise les transactions depuis le mois d’août et semble constituer un équilibre pour le marché.

En clôture, les deux références pétrolières affichent des évolutions contrastées. Le brut américain WTI termine à 65,40 dollars le baril, enregistrant un recul de 0,4%. À l’inverse, le Brent de la mer du Nord se maintient à 69,51 dollars, avec une légère progression de 0,1%. Cet écart de prix entre les deux bruts reflète les spécificités de chaque marché, notamment en termes d’approvisionnement et de sensibilité aux événements géopolitiques.
Le marché pétrolier reste donc suspendu aux développements diplomatiques et militaires dans la région. La volatilité devrait persister tant que les incertitudes concernant les exportations russes demeureront.

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