Le président de l’Assemblée des représentants du peuple Ibrahim Bouderbala a réagi , ce mardi 14 avril 2026, à l’ouverture de la séance plénière, aux propos controversés tenus la veille par le député Tarek Mehdi.
Il a déclaré que « ce qui a été prononcé hier par le député Tarek Mehdi, indépendamment de toute intention, bonne ou mauvaise, est contraire aux constantes du peuple tunisien, fondées sur le respect de la dignité humaine ». Il a ajouté que « le peuple tunisien ne permet pas qu’il soit porté atteinte à la femme tunisienne », précisant que ces déclarations ne reflètent ni la position du Parlement, ni même celle du député lui-même.
Dans son intervention, Ibrahim Bouderbala a rappelé que la Tunisie est engagée dans les principes universels des droits de l’Homme et reste attachée à leur respect. Il a souligné également que la Tunisie fait partie intégrante du continent africain, rappelant qu’elle a été l’un des premiers pays à abolir l’esclavage, en référence à son héritage historique et à ses engagements en matière de dignité humaine.
Le président du Parlement a par ailleurs insisté sur le fait que la Tunisie accueille les « frères africains », tout en affirmant que le pays ne peut assumer les conséquences des politiques coloniales passées ayant appauvri plusieurs sociétés africaines. Il a enfin affirmé que l’État tunisien ne permettra pas que le pays devienne une terre d’installation pour les migrants en situation irrégulière.
Des propos racistes sous la coupole de l’ARP
Il convient de rappeler que le député Tarek Mehdi a tenu, lors d’une intervention publique, des propos portant sur les femmes migrantes subsahariennes en situation irrégulière en Tunisie. En pleine séance, l’élu a tenu des propos d’une extrême gravité, mêlant stigmatisation, sexualisation et banalisation implicite de la violence à l’égard des femmes migrantes subsahariennes. « Violer une Africaine ? Ça, ça ne se fait pas… les Tunisiennes, machallah, la beauté existe… franchement ça me fait mal de dire ça… on n’a pas besoin de ça, la Tunisie a déjà tout. » a-t-il déclaré.
Ces déclarations, prononcées en direct, ont rapidement circulé et suscité de nombreuses réactions en raison de leur contenu sensible, mêlant référence à la violence sexuelle et généralisation sur les femmes migrantes, dans un contexte déjà marqué par un débat public tendu sur les questions migratoires en Tunisie.
Lire aussi: Vidéo: Propos choquants à l’ARP : quand un élu raciste banalise le viol des femmes