Le marché pétrolier traverse une phase de tension marquée, mardi 16 décembre, alors que le baril de Brent s’échange à 59.21 dollars, plongeant pour la première fois depuis mai sous la barre psychologique des 60 dollars. Cette baisse s’inscrit dans une tendance baissière plus large, le prix ayant reculé de 7.70% sur le dernier mois et de près de 20% depuis le début de l’année. Parallèlement, le baril américain WTI suit la même trajectoire et s’établit à 55.36 dollars.
La chute enregistrée des cours est directement liée aux récentes évolutions géopolitiques en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé des progrès dans les négociations avec les États-Unis pour mettre fin au conflit, une déclaration qui a immédiatement pesé sur les marchés. En effet, les analystes anticipent qu’un accord pourrait conduire à un allègement des sanctions contre l’industrie pétrolière russe, ce qui permettrait le retour de volumes supplémentaires sur un marché déjà bien approvisionné. Un tel retour renforcerait la perception d’un excédent, alors que les stocks mondiaux ont atteint leur plus haut niveau en quatre ans en octobre, selon l’Agence Internationale de l’Énergie.
La dynamique observée est accentuée par des fondamentaux de marché orientés à la baisse. L’offre mondiale reste abondante, soutenue par une production accrue des membres de l’OPEP+ depuis avril ainsi que par les producteurs des Amériques. En conséquence, le marché devrait connaître un excédent cette année et en 2026. Bien que l’OPEP prévoie une augmentation de la demande mondiale de 1.3 million de barils par jour en 2025, passant à 105.1 millions, cette perspective est éclipsée par la crainte d’une offre trop importante.
La demande, quant à elle, suscite des inquiétudes, en particulier concernant l’économie chinoise où les derniers indicateurs suggèrent un ralentissement. Cet ensemble de facteurs, combiné à la pression géopolitique, explique pourquoi les cours subissent, selon les termes des analystes, la perspective d’un trop-plein sur le marché mondial.