Le SNJT appelle à la proclamation officielle du 8 septembre comme « Journée nationale de protection des journalistes »

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À l’occasion du onzième anniversaire de la disparition des deux journalistes tunisiens Sofiane Chourabi et Nadhir Guetari, enlevés en Libye le 8 septembre 2014, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a renouvelé son appel au président de la République pour officialiser le 8 septembre comme Journée nationale de protection des journalistes.

Malgré plus d’une décennie écoulée, le sort des deux reporters demeure incertain. Le syndicat dénonce un « échec officiel flagrant » des autorités tunisiennes et libyennes, qui continuent de justifier l’absence de résultats par les difficultés sécuritaires en Libye. Le dossier reste aujourd’hui ouvert devant la Cour pénale internationale, incluant les cas de disparitions forcées de journalistes sur le territoire libyen depuis 2014.

Le SNJT rappelle avoir multiplié, au cours des dernières années, les démarches diplomatiques et judiciaires, tant au niveau national qu’international : contacts avec les différentes parties libyennes, coordination avec les institutions tunisiennes, saisines de l’ONU et de la justice internationale. Mais, selon le syndicat, la réduction de cette affaire à une simple question judiciaire par les autorités tunisiennes illustre un manque de volonté politique et diplomatique.

Au-delà du dossier Guetari, le syndicat s’alarme d’un climat marqué par des entraves persistantes à l’exercice du journalisme en Tunisie. Le communiqué dénonce notamment :

la multiplication des procès et peines privatives de liberté visant les journalistes, notamment sous l’empire du controversé décret 54 sur la cybercriminalité ;

la montée des attaques numériques, discours de haine et manipulations par intelligence artificielle, menaçant la vie privée et la protection des sources ;

la précarisation croissante des professionnels des médias, victimes de licenciements abusifs, de marginalisation et de violations systématiques de leurs droits économiques et sociaux.

Le syndicat estime que cette politique d’affaiblissement des journalistes vise à les soumettre à des agendas économiques, financiers et politiques, dans un contexte de fragilité des mécanismes de contrôle de l’État sur le marché du travail.

À travers son communiqué, le SNJT formule plusieurs revendications :

Relancer le processus international pour établir la vérité sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Guetari.

Appeler le président de la République à tenir son engagement de 2015, pris par l’ancien chef de l’État Béji Caïd Essebsi, de proclamer le 8 septembre « Journée nationale de protection des journalistes ».

Lever les restrictions à l’accès à l’information, en rouvrant l’Instance d’accès à l’information et en adoptant la publication automatique des rapports et statistiques.

Libérer immédiatement les journalistes et chroniqueurs Chadha Haj Mbarek, Mourad Zghidi, Borhen Bsaies et Sonia Dahmani, détenus depuis plusieurs mois pour leurs prises de position et publications.

Garantir les droits socio-économiques des journalistes en appliquant la réforme du Code du travail et l’accord-cadre des journalistes professionnels signé avec les partenaires sociaux.

Accélérer l’examen parlementaire du projet de loi sur l’éducation aux médias, la réforme du décret 54 et la création de la nouvelle instance de régulation.

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