L’écrivain, universitaire et critique tunisien Nizar Chakroun a été couronné, mardi, par le Prix Naguib Mahfouz du roman arabe, dans sa première édition, pour son roman « Les jours du Fatimide assassiné » (Ayyam al-Fatimi al-Maqtoul), une œuvre qui s’est distinguée par sa profondeur narrative et son ambition esthétique.
Créé cette année à l’initiative du Salon international du livre du Caire, le Prix Naguib Mahfouz ambitionne de mettre en lumière l’excellence et le renouvellement du roman arabe contemporain. La compétition a été particulièrement relevée, avec 208 œuvres romanesques soumises par des auteurs issus de l’ensemble du monde arabe, ce qui confère à cette distinction une valeur symbolique et littéraire notable.
Né en 1970, Nizar Chakroun est une figure majeure de la scène culturelle tunisienne et arabe. Il a longtemps exercé comme maître de conférences à l’université tunisienne, avant d’être élu doyen de l’Institut supérieur des arts et métiers de Sfax en 2011. Son parcours académique s’est également enrichi d’une expérience institutionnelle internationale, notamment en tant que conseiller culturel au ministère de la Culture à Doha, où il a contribué à la réflexion sur les politiques culturelles et la promotion des arts.
Auteur prolifique, Dr Chakroun compte à son actif plus de vingt ouvrages, couvrant un large éventail de genres : poésie, roman, critique artistique et traduction. Cette diversité témoigne d’un projet intellectuel cohérent, fondé sur le dialogue entre création littéraire, pensée critique et ouverture interculturelle. Son œuvre a été récompensée à plusieurs reprises par des distinctions prestigieuses, parmi lesquelles le Prix national de la poésie en Tunisie et le Prix arabe de la critique des arts plastiques, décerné par le gouvernement de Sharjah (UAE).
Sur le plan romanesque, son parcours débute avec « Bent Sidi Raïs » (2011), suivi de « La cloche et le minaret » (2018), avant la parution de « Zoul Allah » (2022), roman salué par la critique et lauréat du Prix du meilleur roman tunisien en 2023 (Prix Béchir Khraïef du roman).