Placé sous le thème : « Leadership Féminin et Intégration Économique : Synergies Stratégiques entre la Tunisie et la Méditerranée », les travaux du congrès méditerranéen sur le rôle de la femme dans la prise de décision économique ont démarré, mardi 18 novembre 2025 et se poursuivront jusqu’à ce jeudi. Organisé à l’initiative du Conseil International des Femmes Entrepreneures (CIFE), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer (KAS), l’évènement s’est déroulé en présence de nombreuses femmes cheffes d’entreprises et de dirigeantes de haut-niveau. Il a été également marqué par la présence de Rachida Jabnoun, présidente du CIFE, de vla ministre de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Fatma Thabet Chiboub, de l’ambassadrice de France à Tunis, Anne Guéguen et de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas.
A ce propos, elle a rappelé que la Tunisie et l’Europe ont franchi un pas décisif avec le projet d’interconnexion électrique Tunisie-Italie, Elmed, premier pont énergétique direct entre l’Afrique et l’Europe.
La ministre a également soutenu l’émergence des histoires de succès dans des secteurs d’avenir comme la robotique, les matériaux intelligents, l’ingénierie numérique, les industries pharmaceutiques avancées et démontrent la capacité des femmes tunisiennes à porter la transformation technologique et industrielle du pays. Selon elle, 60% des diplômés universitaires sont des femmes, 25% des entreprises tunisiennes sont dirigées par des femmes, soit au-dessus de la moyenne régionale fixée à 16%, l’entreprenariat féminin numérique en Tunisie a progressé de 35% en 5 ans et 40% des startups créées depuis 2020 comptent une femme co-fondatrice.
Dans le secteur industriel, 42% de la main d’œuvre manufacturière dans plusieurs filières stratégiques sont des femmes, 500 entreprises industrielles sont dirigées par des femmes et plus de 30% des dirigeants dans les secteurs pharmaceutique, biotechnologique, des dispositifs médicaux et des textiles techniques.Les femmes tunisiennes ont également un rôle moteur dans
la transition énergétique. En effet, 30% des nouveaux ingénieurs des énergies renouvelables sont des femmes, 45% des postes de direction à l’ANME et de nombreuses dirigeantes de projets solaires en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe sont tunisiennes.
Renforcer la représentativité des femmes dans les CA des sociétés cotées
De même, a-t-elle dit, la représentation des femmes dans les postes de prise de décision en entreprise reste insuffisante, rappelant à ce propos la directive européenne qui impose un objectif de parité dans les conseils d’administration des entreprises cotées. Ces dernières doivent compter au moins 40 % de femmes administratrices. Elle a regretté par ailleurs l’absence de lois réglementant cette question en Tunisie, tout en évoquant la possibilité de reproduire cette expérience européenne dans notre pays. « Comme nous avons déjà exigé, en vertu d’une loi, aux petits porteurs d’avoir un représentant dans le conseil d’administration des sociétés cotées en bourse, nous pouvons exiger une représentativité progressive de la femme dans le Conseil d’administration de ces sociétés, allant peut être de 1/3 à 25% puis peut à 30% », a-t-elle soutenu.
Le leadership féminin, un axe stratégique
Anne Guéguen a, dans le même contexte, indiqué que dans un monde de plus en plus interconnecté, l’intégration économique régionale passera aussi immanquablement par les femmes et par les réseaux qu’elles développent entre elles dans l’objectif de construire un mouvement de transformation positive.
Elle tenu par ailleurs à préciser que le partenariat français en Tunisie se traduit par des projets au service de l’autonomisation des femmes, de l’entrepreneuriat féminin et de l’égalité, citant le projet EFOR, visant à renforcer l’égalité des sexes en milieu rural en Tunisie mais aussi le projet FAST, ambitionnant de soutenir l’entrepreneuriat féminin, en particulier dans les régions, et le projet Ajyal Egalité. Tous ces projets ont été financés et mis en œuvre par l’AFD.
Elle a en outre indiqué que l’égalité entre les femmes et les hommes est un combat universel, mais qui n’est pas encore achevé.
Khadija Taboubi