L’Égypte ouvre les portes de son Grand Musée après vingt ans d’attente 

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Il aura fallu deux décennies, plus d’un milliard de dollars et une patience pharaonique pour en arriver là. Ce samedi 1er novembre 2025, l’Égypte inaugure officiellement le Grand Musée égyptien (GEM) au pied des pyramides de Gizeh, un chantier titanesque devenu symbole de la renaissance culturelle du pays.

Devant 79 délégations officielles, dont près de quarante menées par des chefs d’État, des rois et des princes venus des quatre coins du monde, Le Caire s’offre ce soir un moment d’histoire : celui de renouer avec son prestige de gardienne de la plus ancienne civilisation connue.

Une promesse tenue, vingt ans après le premier coup de pioche

Le projet du Grand Musée égyptien n’est pas qu’un monument, c’est une épopée. Lancé en 2002, freiné par des crises économiques, des bouleversements politiques et une pandémie, il a souvent semblé appartenir à la catégorie des rêves impossibles. Pourtant, il est là, immense et lumineux, posé à la lisière du désert, face aux pyramides, comme une passerelle entre la pierre du passé et le verre du futur.

Son architecture audacieuse, signée par l’Irlandais Heneghan Peng, joue sur la transparence, les lignes obliques et la lumière naturelle. Les visiteurs y déambuleront dans des halls vertigineux, découvrant plus de 100 000 pièces, dont certaines présentées pour la première fois — à commencer par le trésor complet de Toutânkhamon, restauré et mis en scène dans un parcours inédit.

Un héritage réinventé

L’ouverture du GEM s’inscrit dans la stratégie du Caire de repositionner la culture et le tourisme au cœur de son image mondiale. L’Égypte ne veut plus être un simple décor de carte postale : elle revendique son rôle de capitale culturelle du monde arabe et africain, un carrefour où l’héritage millénaire dialogue avec la modernité.

Ce musée, le plus vaste jamais consacré à une seule civilisation, illustre cette ambition : accueillir jusqu’à cinq millions de visiteurs par an, attirer chercheurs, artistes, cinéastes, et replacer l’histoire égyptienne dans une dynamique de création, pas seulement de mémoire.

Souvenir d’une parade impériale

Difficile, aujourd’hui, de ne pas repenser à la “Parade dorée des pharaons”, organisée en avril 2021 pour transférer les momies royales vers le Musée national de la civilisation égyptienne. Cette procession spectaculaire, entre reconstitution historique et démonstration de puissance, avait marqué les esprits et ouvert la voie à la grande réconciliation de l’Égypte avec son patrimoine.

Le GEM apparaît comme la suite logique de cette mise en scène de la mémoire : non plus le transfert des morts, mais l’inauguration d’un avenir vivant, où la grandeur passée devient moteur d’un nouveau récit national.

En présence d’une foule de dignitaires et de représentants des grandes organisations internationales, l’Égypte délivre un message clair : son patrimoine n’est pas une relique, c’est un levier d’influence, de diplomatie et de fierté collective.

En un mot, ce musée n’est pas seulement un espace d’exposition ; c’est une déclaration d’existence. Celle d’un pays qui, après avoir traversé les tempêtes, choisit de se raconter autrement : non plus dans la nostalgie, mais dans la continuité.

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