Un rapport de la Banque mondiale place deux plates-formes africaines parmi les plus performantes au monde, tandis que les ports sud-africains enregistrent des résultats préoccupants. La publication de l’Indice de performance des ports à conteneurs (IPPC) 2025 par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence offre une évaluation détaillée du secteur. Ce rapport s’appuie sur l’analyse de 403 ports à travers le monde, examinant 175 000 escales de navires et 247 millions de mouvements de conteneurs. L’indice mesure avec précision le temps total passé par les navires dans les ports, un paramètre essentiel alors que le transport maritime assure plus de 80% du commerce mondial. Les résultats dessinent une carte des performances où l’efficacité des ports influence directement les coûts et la fiabilité des chaînes d’approvisionnement globales.
Le classement mondial confirme la suprématie des ports chinois, qui occupent sept places dans le top dix. Yangshan et Fuzhou se hissent aux deux premières positions avec des scores de 146,3 et 139,2 points respectivement. Toutefois, le paysage international est marqué par l’entrée remarquée de deux ports africains dans ce peloton de tête. Le port égyptien de Port-Saïd obtient la troisième place mondiale avec un score de 137,4 points, soit une progression de 19 points par rapport à 2023. Simultanément, le port marocain de Tanger Med se classe au cinquième rang mondial avec un score de 136 points. Ces performances consacrent le statut de ces deux infrastructures comme des hubs incontournables sur les routes maritimes reliant l’Asie à l’Europe.
L’excellence opérationnelle de Port-Saïd s’explique par plusieurs éléments. D’une part, l’amélioration de la logistique commerciale en Égypte, classée 57e sur 139 pays selon l’indice de performance logistique, a créé un environnement favorable. D’autre part, des investissements dans les systèmes numériques de gestion ont optimisé la planification des navires. Par ailleurs, le port a bénéficié d’une réduction de son trafic, passé de 4,038 millions à 3,941 millions de conteneurs EVP, permettant une gestion plus fluide. Un projet d’extension vise à porter sa capacité totale à 6,6 millions d’EVP. Pour sa part, Tanger Med doit son rang à sa productivité dans le traitement des navires géants, avec des équipements de pointe. Le port a traité 10,241 millions de conteneurs en 2024, franchissant pour la première fois le cap des 10 millions, ce qui a cependant exercé une pression sur sa fluidité opérationnelle.
En dehors de ces deux leaders, le classement révèle des situations très disparates à l’échelle du continent. Aucun autre port africain ne figure dans le top 100 mondial. Le port de Dakar se distingue par la plus forte progression, son indice passant de -82 à 22,8 points, un bond de 104,8 points qui le place comme le plus performant d’Afrique subsaharienne. La présence inattendue de deux ports somaliens, Mogadiscio et Berbera, dans le top 10 africain s’explique principalement par leur faible trafic ; Berbera ne compte ainsi qu’une escale hebdomadaire en moyenne. À l’extrême opposé, les ports sud-africains, déjà affectés par des difficultés structurelles, ont vu leurs résultats se dégrader sous l’effet de la crise en mer Rouge. Le port de Durban se classe dernier mondial avec un score de -721 points, et celui d’Elizabeth régresse de 41 points pour atteindre -169 points.