Les « cochons »

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Au moment où Elon Musk lance « le parti de l’Amérique » opposé au « parti des cochons qui se goinfrent », Zahran Mamdani, musulman, de gauche, pro-palestinien, américain d’origine indienne, âgé de trente ans à peine, défenseur des étrangers, attire les feux de la rampe démocrate par son accès à la mairie de New-York, cité cosmopolite par excellence, siège de l’ONU et donc bien loin de n’être qu’une breloque. Dès les années cinquante, Brassens paraissait narguer Trump, le sinistre magnat de l’immobilier.
Sa moquerie confortait le combat mené par Musk et Mamdani. Le chanteur disait : « Que sur un air de fandango on congédie le vieux Franco, mais il y a peu de chances qu’on détrône le Roi des cons ». En effet, les deux adversaires du cerbère génocidaire ne pouvaient le remplacer car, pour devenir président des Etats-Unis, il fallait y être né. Zahran Mamdani cumule tous les atouts haïs par Trump, l’enragé contre les immigrés. Cependant, par son franc-succès, Zahran tord, déjà, le bras du milliardaire abhorré, mais aux prochaines élections présidentielles, il ne pourra pas, du tout, lui tordre le cou. Car l’Amérique où rien n’est impossible dresse une barrière infranchissable contre l’accès d’un étranger au sommet de l’autorité. Pareille codification recommande aux tenants d’une ambition justifiée d’avoir, plutôt, raison gardée. Pourtant, la nationalité ne détermine, de manière automatique, ni les dispositions subjectives de l’individualité ni ses pratiques objectives.
Ainsi, en Algérie, des Français prirent position contre le colonialisme de leur pays. De même, tous les citoyens français n’approuvèrent guère la déportation vers les camps de concentration.
Rima Hassen, française d’origine palestinienne et députée européenne, pourfend les pays européens pour avoir conclu l’accord de libre-échange, fou, avec l’Etat voyou.
Fanon demeure, à jamais, irréductible à sa nationalité. Le critère nationalitaire a partie liée avec les frontières, ces limitations morphologiques fondatrices de la guerre.
Pour cette raison, l’utopie de l’appartenance à la citoyenneté mondiale ne pouvait déserter l’esprit de l’humanité.
Jean Pierre Faye écrit : « En cent quatre-vingt-trois avant l’ère chrétienne, l’histoire bascule autour d’un projet historique dont Carthage est le levier initial. Et que cette unité de l’histoire est, pour la première fois, pensée ici par Augustin d’abord, ce Numide de Carthage et par Ibn Khaldoun, natif de Tunis et originaire de Séville.
La Civitas augustinienne et la Muqaddima khaldounienne sont deux moments véritablement initiateurs de la pensée d’une Histoire qui a pour espace l’univers humain tout entier. La fin recherchée, c’est notre solidarité ».
Mais la redescente sur terre confronte plutôt à l’enfer. En 2025, des pilotes israéliens bombardent les sites nucléaires iraniens avec des B-52 américains.
Le 6 juillet, une fatwa iranienne prescrit l’élimination de Trump, le véritable coupable. Durant sa dernière visite américaine, Netanyahu caresse dans le sens du poil infernal son parrain bestial et lui annonce l’avoir proposé pour le prix Nobel de la paix. D’ici, je vois le Suédois prendre appui sur ses coudes et se redresser dans sa tombe devant l’énonciation de son nom par ces truands aux mains dégoulinantes de sang. Tout comme Trump, le hibou, ils recourent à la théorie du fou. Elle persuade l’adversaire de ma disposition à embraser l’univers si l’ennemi contrarie mes affaires. Laissez-moi, donc, phagocyter Gaza ou gare à Dimona.
Et, aujourd’hui, la bombe équivaut à mille fois celle d’Hiroshima.

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