Les indicateurs monétaires publiés ce vendredi par la Banque centrale de Tunisie révèlent une appréciation significative de la monnaie nationale au cours de l’année écoulée. Le dinar s’est renforcé de 4,14% face au dollar américain, avec un taux de change qui s’établissait à 2,98 dinars pour un dollar ce mercredi 28 mai, contre 3,11 dinars à la même date en 2024.
La tendance haussière observée concerne également la parité avec l’euro, bien que de manière plus modérée. La monnaie européenne valait 3,36 dinars le 28 mai dernier, enregistrant ainsi une légère baisse de 0,52% par rapport au cours de 3,39 dinars observé un an plus tôt. Ces évolutions témoignent d’une relative stabilité des équilibres extérieurs du pays, malgré un contexte économique international marqué par de fortes turbulences.
Les données de l’institut d’émission montrent cependant une diminution des réserves en devises, qui s’élèvent désormais à 22,7 milliards de dinars. Ce montant représente une couverture de 98 jours d’importation, contre 103 jours fin mai 2024 où les réserves atteignaient 22,6 milliards de dinars. Cette légère contraction s’explique principalement par la pression accrue sur la balance des paiements.
Le service de la dette extérieure pèse en effet lourdement sur les finances publiques. Avec un montant de 7 milliards de dinars au 20 mai dernier, il dépasse désormais les recettes combinées du tourisme et des transferts des travailleurs tunisiens à l’étranger, qui totalisent 5,4 milliards de dinars contre 4,9 milliards un an auparavant.
La situation des comptes extérieurs montre des signes de fragilité croissante. Le déficit courant s’est creusé pour atteindre 1,7 milliard de dinars fin février 2025 (soit 0,9% du PIB), contre seulement 0,1 milliard (0,1% du PIB) à la même période en 2024. Cette dégradation s’explique principalement par l’aggravation du déficit commercial, malgré les performances satisfaisantes enregistrées par les secteurs du tourisme et des transferts des migrants.
Ces indicateurs contradictoires – amélioration du taux de change mais détérioration des grands équilibres – posent question sur la soutenabilité à moyen terme de la situation économique. Les prochaines publications de la Banque centrale permettront de déterminer si cette tendance constitue un simple ajustement conjoncturel ou révèle des déséquilibres plus structurels.