La XXXVe édition de la CAN de football aura longtemps pour le pays organisateur le parfum des regrets. Elle a débouché sur un verdict surprise et triste pour le pays organisateur, le Maroc.
Les larmes de douleur de Brahim Diaz, pourtant sacré meilleur buteur du tournoi (5 réalisations) coûtent au Maroc un sacre continental derrière lequel il court depuis un demi-siècle, depuis la CAN-1976 en Ethiopie. Une éternité !
La douleur de l’attaquant du Real Madrid partagée par toute une nation coûte en même temps au royaume chérifien la bagatelle de 6 millions de dollars (une prime financière de 10 millions de dollars allant au vainqueur final, contre 4 millions de dollars pour le dauphin). Un gouffre !
La Panenka de Brahim est payée au prix fort par notre voisin marocain qui aura sans doute placé la barre très, très haut devant les futurs candidats à l’organisation d’une Coupe d’Afrique. A commencer par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda qui ont hérité de l’honneur d’organiser la prochaine édition en 2027 pour une première consistant à associer trois pays dans la prise en charge du tournoi africain majeur.
Ensuite, il sera bel et bien temps de sacrifier à un gros chambardement, la CAN ne devant plus se tenir que tous les quatre ans, respectant en cela la périodicité des autres championnats continentaux, notamment l’Euro.
Cela sent le diktat de la FIFA et des grands clubs européens employeurs des stars africaines. Ils n’ont aucun inrtérêt à ce que la CAN soit organisée tous les deux ans. Au contraire, ils se disent pénalisés par cette périodicité singulière retenue pourtant depuis la création de la compétition panafricaine.
Tarak Gharbi
Le préjugé favorable pour Lamouchi
Autre chambardement qui révèle l’approximation et l’improvisation des instances africaines : le championnat d’Afrique des nations réservé aux joueurs locaux rend l’âme. Après huit éditions, la CAF a décidé de s’en passer dans l’avenir, sans convaincre grand-monde.
Ce même sens de l’improvisation a présidé au choix du nouveau sélectionneur des Aigles de Carthage. Sabri Lamouchi a emporté le gros lot sans que le fond de la crise soit résolu. C’est un peu « vivons au jour le jour ». Après la Coupe du monde, l’été prochain au Nord des Amériques, on verra ce qu’il en adviendra. Avec des manoeuvres sournoises et des ripostes lui ressemblant parfaitement, la fédération a longtemps tergiversé, avant d’assumer un choix qui la met en position délicate par rapport au ministère de tutelle.
Oui, Lamouchi doit bénéficier du préjugé favorable. On jugera sur pièce, somme on dit. Un caprice de pensée (et de décideur) nous rapporte à d’autres époques et d’autres lieux, la nationalité et le salaire du sélectionneur étant les seuls critères ayant animé le débat et la cacophonie conduisant à la décision du choix tombé sur le favori de Guy Roux.
La dernière CAN a révélé un foot national pantelant du pied à la tête, accroissant l’impression de détresse. Eh bien, il n’y a désormais plus qu’à se soumettre à la thérapie-Lamouchi quand bien même elle vaudrait ce qu’elle vaut. Son prénom, Sabri, ne nous invite-t-il pas à la patience ?