Les marchés mondiaux des métaux précieux connaissent une poussée de fièvre sans précédent. Ce vendredi 23 janvier, l’or, l’argent et le platine ont simultanément atteint des records historiques, une situation alimentée par un mélange d’incertitudes géopolitiques et d’une défiance croissante envers les actifs traditionnels comme le dollar.
L’or, la valeur refuge par excellence, est au cœur de cette dynamique. Le métal jaune a frôlé la barre des 5 000 dollars l’once, avec un prix au comptant qui a atteint 4 966,59 dollars. Par ailleurs, les contrats à terme pour livraison en février ont progressé de 0,8% pour atteindre 4 952,80 dollars. Cette flambée s’explique par un affaiblissement du dollar et une perte de confiance des investisseurs envers les actifs américains. En plus de cela, les achats historiques des banques centrales, qui ont acquis 1 313 tonnes d’or au seul troisième trimestre 2025, soutiennent structurellement le marché.
L’élan de l’or a entraîné l’ensemble du secteur. L’argent a réalisé une performance spectaculaire avec une hausse de 2,6% en une journée, pour s’établir à 98,71 dollars l’once après un pic à 99,20 dollars. Ce métal bénéficie d’une demande industrielle robuste, notamment pour la transition énergétique, et d’un déficit d’offre persistant qui dure depuis cinq années consécutives. D’autre part, le platine a également battu son record, avec une progression de 6,42% le 23 janvier pour atteindre 2 742,40 dollars. Sur le seul mois de janvier, son prix a augmenté de près de 20%. Cette hausse est portée par une offre contrainte, provenant majoritairement d’Afrique du Sud, et une demande industrielle résiliente.
Les prévisions pour l’année 2026 confirment un contexte favorable. Les analystes de grandes institutions bancaires tablent sur un objectif pour l’or dépassant les 4 000 dollars l’once, avec un scénario optimiste visant les 5 000 dollars. Qui plus est, l’argent pourrait continuer son rallye avec des objectifs techniques évoquant les 100 dollars l’once, soutenu par son statut de métal critique. Par conséquent, cette dynamique conduit certains gestionnaires à recommander d’augmenter la part des métaux précieux dans les portefeuilles d’investissement, la faisant passer de 5% traditionnels à parfois 15% ou 20%.