Les tyrans d’hier et d’aujourd’hui 

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Quand les fantômes de l’histoire s’invitent aux balcons de notre quotidien, on découvre qu’on est situé dans un espace où une série de portraits continue de nous provoquer, pour autant qu’on veuille les contempler. Dans cette fresque profondément tragique où l’arrogance, la diabolisation, les crimes, les tueries et les idées les plus sottes peuvent donner de célèbres «guides», le seul maître est le temps, impossible à dompter, il dévale comme un torrent. Son cours est encore plus implacable dans un monde soumis au syndrome impitoyable du recommencement. Qui aurait cru qu’on pourrait un jour recommencer de brosser des portraits aussi impitoyables que ceux de Néron, Caligula, Gengis Khan, Hitler, Pol Pot, Sharon… qui se prenaient pour « seuls maîtres après Dieu» ?
Écrire l›histoire de la tyrannie, ne consiste pas à promener un miroir le long de ces portraits, à savoir décrire fidèlement les tyrans et leurs crimes. Ni même à tirer des enseignements de ces faits vécus. Mais à pointer les atrocités de ceux qui prennent le pouvoir pour une autorité divine, et les possibilités insoupçonnées d›y résister.
Néron fut moins un homme qu’un monstre, qui prit Caligula pour son modèle et qui sut l’égaler. Il n’eut rien d’humain que la figure. Son règne ne fut qu’un tissu d’infamie et d’horreur. Non content d’avoir désolé Rome, il s’est donné le plaisir de la réduire en cendres. Il ne s’est rendu célèbre que par les plus horribles atrocités et les plus stupides imbécillités.
Gengis Khan aurait bien mérité le titre de «méprisable», que lui donnent les historiens. Le pouvoir absolu le rendit orgueilleux, arrogant, téméraire, et les flatteurs qu’il écoutait lui inspirèrent le fou projet de se comporter comme le Dieu sur terre.
De son côté, Pol Pot prit toutes les précautions imaginables pour cacher son imposture, mais ce furent ces précautions-là mêmes qui le rendirent suspect. Par sa férocité, par son mépris pour tout ce qui tient à l’honneur et à la bienséance, il mérite un des premiers rangs parmi tant de tyrans infâmes qui ont souillé l’histoire de l’humanité.
A ses débuts, Hitler était très habile dans l’art de dissimuler, il n’avait laissé paraître que des vertus, dont il avait besoin pour frayer un chemin vers le pouvoir absolu. Peu de jours après avoir atteint son premier objectif, il a fait retomber l’odieux sur les humains.
Après les fameux accords d’Oslo entre les Israéliens et les Palestiniens signés par Rabin et Arafat, Sharon cessa de cacher son penchant pour la tyrannie, et en fit une profession ouverte. Il se signala par les traits de la haine tout à la fois la plus idéologique et la plus violente envers les Palestiniens, les Arabes et les musulmans. À ces excès, se joignait la plus infâme sauvagerie qui, de la Palestine occupée avait fait un enfer.
Rien n’a vraiment changé, hélas, depuis plusieurs années on assiste à l’enlisement de plusieurs démocraties occidentales dans la tyrannie. La mécanique s’est déréglée et les dérives se sont accentuées, tandis qu’émergent des figures populistes aux États-Unis et en Europe.
Ce qu’il y a de terrible aujourd’hui, c’est que les nouveaux tyrans prennent sans effort la place des démocrates. Un populiste arrogant et raciste, avec de la chance et de l’entregent, obtient souvent une cote plus élevée qu’un démocrate de principe.
Plusieurs observateurs s’accordent à regarder l’effondrement de l’actuel ordre mondial comme un effet de la montée des populistes (acteurs de la terreur) au pouvoir, surtout dans les pays occidentaux.
Assiste-t-on à un retour aux sauvages obscurités de l’histoire ? Certains signaux semblent l’indiquer.

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