L’Éthiopie a officiellement mis en service le Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, achevant ainsi quatorze années de travaux. Cet ouvrage, d’une hauteur de 170 mètres et d’une largeur de deux kilomètres, représente la plus importante infrastructure hydroélectrique d’Afrique. Sa construction, financée à hauteur de 4 milliards de dollars, permet de stocker 74 milliards de mètres cubes d’eau dans son réservoir.
Le barrage répond à un besoin crucial pour le pays, où 45 % des 130 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité. Avec une capacité prévue de 5 150 mégawatts, le GERD doublera la production énergétique nationale et fournira de l’électricité à environ 30 millions de personnes. Plusieurs turbines sont déjà opérationnelles depuis 2022, et le gouvernement éthiopien anticipe des revenus annuels de 1 milliard de dollars grâce aux exportations d’électricité vers les pays voisins, dont le Soudan du Sud.
Ce projet génère cependant des frictions avec l’Égypte, qui dépend du Nil pour 97 % de ses ressources en eau. Le GERD étant situé sur le Nil Bleu, qui contribue à 85 % du débit du fleuve, les autorités égyptiennes perçoivent cette infrastructure comme une menace pour leur sécurité hydrique. Malgré ces préoccupations, l’Éthiopie souligne que le barrage est essentiel à son développement économique et énergétique.
Le barrage revêt une importance particulière dans un contexte national marqué par des conflits internes, notamment dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia, ainsi que par les conséquences de la guerre au Tigré. Malgré ces défis, le GERD est perçu comme un facteur d’unité et de progrès pour le pays. Sa réalisation technique, menée par l’entreprise italienne Webuild, illustre la capacité de l’Éthiopie à mener à bien des projets d’envergure malgré les obstacles politiques et régionaux.