Dans une lettre adressée au président de la République, Kaïs Saïed, Basma Charfeddine, sœur de l’homme d’affaires, ancien député et ancien président de l’Étoile Sportive du Sahel, Ridha Charfeddine, lance un appel émouvant en faveur de la clémence présidentielle pour son frère.
Elle demande à Kaïs Saïed de réexaminer la situation de son frère en considérant son parcours dans son ensemble. Elle rappelle que Ridha Charfeddine a contribué à l’économie nationale en tant qu’homme d’affaires, qu’il a travaillé dans l’industrie pharmaceutique, un secteur dont le pays a besoin, et participé à l’exportation de médicaments. Elle évoque aussi son empreinte dans le domaine sportif, à travers la présidence de l’Étoile Sportive du Sahel, et estime qu’il reste en mesure de beaucoup apporter à son pays. Elle précise qu’elle ne demande pas que l’on oublie quoi que ce soit, mais qu’on lui accorde une nouvelle chance en tenant compte de ce qu’il a donné et de ce qu’il peut encore offrir.
Pour rappel, Ridha Charfeddine, pharmacien de formation, a fondé en 1989 le laboratoire pharmaceutique Unimed, basé à Kalaa Kebira. Député de 2014 à 2021, il a aussi présidé l’Étoile Sportive du Sahel et avait échappé en 2015 à une tentative d’assassinat à Sousse. Arrêté fin 2023, il est en détention depuis 2024 et a depuis été condamné dans plusieurs dossiers.
Il a d’abord écopé de trois ans de prison et d’une amende d’environ 72 millions de dinars pour constitution d’avoirs à l’étranger sans l’autorisation de la Banque centrale, une peine confirmée en appel début novembre 2025. Dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », condamné à seize ans de prison en première instance, il a vu sa peine ramenée à deux ans en appel le 27 novembre 2025. Le 12 mars 2026, il a été condamné à onze ans de prison pour blanchiment d’argent lié à des infractions douanières, avec des amendes dépassant onze millions de dinars. Son frère Lotfi Charfeddine a écopé de sept ans, et l’ancien président d’un club sportif, Ahmed Belli, de dix ans. Début mai 2026, il a encore été condamné à deux ans de prison dans une affaire d’infractions douanières et bancaires. Il a toujours nié les accusations, affirmant que ses opérations relevaient d’activités commerciales légales.