L’IACE accueille la clôture du programme « From Innovation to Creation »

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L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) a accueilli le 12 février 2026 la cérémonie de clôture du programme régional « From Innovation to Creation ». Financée par la Commission européenne, cette initiative a été déployée pendant quatre ans dans quatre pays : la Tunisie, le Liban, la Palestine et la Jordanie. Les représentants des institutions partenaires et les acteurs de l’écosystème entrepreneurial se sont réunis pour évaluer les réalisations d’un programme consacré au renforcement des structures d’appui à l’innovation, à l’amélioration de la compétitivité des startups et à l’évolution du cadre réglementaire.
Des résultats chiffrés pour l’accompagnement des entrepreneurs
Fidelma O’Shaughnessy, responsable de l’équipe de coopération économique régionale à la Commission européenne au sein de la Direction générale MENA, a présenté les principaux acquis de cette initiative lancée en 2022 en collaboration avec SPARK et l’IACE. Le programme a permis d’offrir des opportunités de formation et de mise en réseau à 85 organisations de soutien à l’innovation réparties dans les quatre pays partenaires. Ces structures disposent désormais de meilleures capacités pour guider les entrepreneurs dans la gestion de l’innovation, l’approvisionnement technologique et l’élaboration de plans d’affaires, particulièrement dans les secteurs de l’économie sociale et verte.
Par ailleurs, une attention particulière a été accordée aux catégories sous-représentées parmi les porteurs de projets. Ainsi, 240 entreprises ont bénéficié de formations et d’un accompagnement en compétences numériques. En parallèle, 120 entrepreneurs implantés dans des zones rurales ont pu accéder à des services de mise sur le marché. D’autre part, le soutien financier direct a concerné 100 entreprises pour un montant total de 1,3 million d’euros.
En dépit des contextes difficiles prévalant en Palestine et au Liban, le programme a abouti à la création de trois entreprises en Palestine et au développement de dix entreprises au Liban. L’implication de Smart Capital a facilité les connexions avec des investisseurs providentiels, ce qui a permis à sept entreprises de lever plus d’un million d’euros. Qui plus est, certaines startups accompagnées, en particulier dans le secteur créatif au Liban, ont réussi à étendre leurs activités vers les marchés du Golfe.

Des échanges régionaux autour des cadres législatifs

La dimension régionale du programme a été mise en lumière par Mme O’Shaughnessy à travers l’exemple des échanges entre la Palestine et la Tunisie concernant le cadre législatif du Startup Act tunisien. L’un des partenaires, DOT, a facilité un apprentissage régional au profit de 25 organisations et a établi le programme de coopération régionale BridgeUp entre quatre structures issues de chacun des pays partenaires.
Mourad Hentati, représentant de SPARK, a présenté le programme comme une initiative visant à agir sur trois niveaux complémentaires : le renforcement des capacités des organisations de soutien à l’innovation, l’amélioration de la compétitivité et de l’internationalisation des startups et PME, ainsi que la promotion d’un dialogue fondé sur des données probantes pour faire évoluer les politiques et le cadre réglementaire de l’entrepreneuriat.
Selon Mourad Hentati, les résultats obtenus dépassent les attentes initiales. Il a toutefois formulé une réflexion sur les conditions de transformation économique. Pour lui, la question ne réside plus dans l’efficacité de l’innovation, mais dans la capacité des institutions, des politiques et des marchés à laisser l’innovation transformer l’économie. Il a souligné que les obstacles à l’innovation ne proviennent ni d’une absence de talents ni d’un manque d’idées, mais de la lenteur des transformations systémiques. Les écosystèmes d’innovation de la région ne rencontrent pas de difficultés en raison d’une pénurie de startups, mais parce que les institutions qui les composent n’évoluent pas assez rapidement, a-t-il affirmé.
Majdi Hassan, directeur exécutif de l’IACE, a pour sa part insisté sur le défi que représente pour l’écosystème tunisien le passage à une phase de consolidation après la création des entreprises. Il estime que l’enjeu principal ne réside pas dans la génération d’idées ou dans la mise en place de mécanismes de soutien, mais dans la capacité à les concrétiser de manière effective.
Majdi  Hassan a souligné que le programme a permis de démontrer l’existence de startups tunisiennes de qualité, compétitives à l’échelle internationale, et de professionnaliser l’écosystème d’accompagnement. Il a toutefois pointé les obstacles réglementaires persistants, notamment en matière de code des changes et de bureaucratie, qui freinent la concrétisation des projets entrepreneuriaux.
Pour le directeur de l’IACE, le programme illustre la nécessité d’adapter les cadres réglementaires aux réalités de l’innovation. Il a déclaré que le défi ne consiste pas à avoir des idées, car de nombreux jeunes Tunisiens en ont de bonnes, mais à pouvoir réaliser son rêve et le mettre en application. Cela dépasse la personne et sa volonté individuelle pour impliquer tout l’écosystème et l’ensemble des réglementations, qui doivent faire preuve d’agilité pour permettre cette concrétisation. Cette problématique de la mise en œuvre et de l’agilité institutionnelle constituera, selon lui, l’un des sujets prioritaires pour l’IACE dans les années à venir.

Mourad Hentati a par ailleurs insisté sur la nécessité d’évaluer le programme non seulement à l’aune de ses résultats quantitatifs, mais également par les transformations de mentalités, le renforcement institutionnel, l’influence sur les politiques publiques et la restauration de la confiance des acteurs économiques. Il a estimé que l’avenir de l’innovation dans la région ne dépend pas de projets isolés, mais de l’action collective.

Photos, réalisation et montage: Riadh Sahli

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