L’Égypte et la Tunisie font partie des quatre pays africains sélectionnés pour un nouveau programme international visant à former des artisans spécialisés dans la conservation du patrimoine. En effet, l’ICCROM (Centre international d’études pour la préservation et la restauration du patrimoine culturel) et la Fabbrica di San Pietro, avec le soutien du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ont annoncé le lancement de l’initiative « Vers un développement durable en Afrique ». Cette annonce a été faite lors d’un événement parallèle à la 34e session de l’Assemblée générale de l’ICCROM à Rome. Le programme a un budget de 6 millions d’euros et se déroulera sur trois ans.
L’objectif central de ce programme est de former 540 artisans. La stratégie repose sur un modèle de formation de formateurs, conçu pour générer un effet multiplicateur au sein des communautés locales. Par conséquent, les artisans formés pourront à leur tour transmettre leurs compétences. Aruna Francesca Maria Gujral, directrice générale de l’ICCROM, a déclaré que « Investir dans la jeunesse est un puissant moteur de croissance socio-économique, surtout lorsque leurs talents s’enracinent dans le patrimoine culturel ». Elle a ajouté que « En dotant les jeunes artisans des compétences dont ils ont besoin, nous ne nous contentons pas de préserver le patrimoine, nous construisons un avenir meilleur et plus résilient ». Cette approche vise à répondre directement à la disparition des savoir-faire ancestraux.
Les représentants des pays africains impliqués, dont la Tunisie, ont confirmé que cette initiative répond à un besoin crucial. Marco Riccardo Rusconi, directeur de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), a souligné la pertinence de l’action en déclarant : « Cette initiative renforce les compétences des artisans. Former 540 artisans, c’est revitaliser les métiers traditionnels, créer des opportunités pour les jeunes et soutenir des économies ancrées dans les valeurs culturelles. Cette approche est pleinement en phase avec le Plan Mattei ». Ainsi, le programme cherche à concilier la préservation de l’authenticité culturelle avec la création d’opportunités économiques. L’événement s’est conclu par un engagement commun à revitaliser l’artisanat comme un élément essentiel à la protection du patrimoine africain.