Le drapeau de la République islamique d’Iran a été brièvement remplacé par celui de l’ancien régime monarchique au fronton de l’ambassade iranienne à Londres, samedi, lors d’un rassemblement de plusieurs centaines de personnes. L’action a été menée par un manifestant, symbole de la contestation en cours contre le régime en place à Téhéran.
Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre d’une série de manifestations de soutien au mouvement populaire iranien, qui dure depuis plusieurs mois et réclame des réformes politiques, la fin des violences à l’encontre des civils et une plus grande liberté pour les femmes et les minorités. Les participants ont brandi des pancartes et scandé des slogans dénonçant la répression et appelant à la chute du régime actuel.
L’incident du drapeau, bien que de courte durée, a été largement relayé sur les réseaux sociaux et interprété comme un geste symbolique fort contre la République islamique, rappelant les aspirations de nombreux Iraniens en exil ou à l’intérieur du pays pour un retour à une ère plus démocratique ou à un régime plus libéral.
Les autorités britanniques n’ont pas signalé d’intervention immédiate, mais la sécurité autour de l’ambassade a été renforcée après l’incident afin d’éviter toute escalade. Ce geste illustre également la portée internationale du mouvement de protestation en Iran, qui mobilise non seulement les citoyens à l’intérieur du pays, mais aussi la diaspora iranienne à travers le monde.
Pour rappel, depuis fin décembre 2025, l’Iran traverse une vague de manifestations d’ampleur sans précédent. Initialement déclenchées par la détérioration de la situation économique – inflation élevée, chute du rial et hausse du coût de la vie – ces protestations ont rapidement évolué en un mouvement réclamant des réformes politiques profondes et contestant ouvertement le régime de la République islamique.
Les manifestations, qui touchent désormais la majorité des provinces iraniennes, impliquent étudiants, marchands et citoyens ordinaires. Les revendications vont au-delà des questions économiques : de nombreux manifestants réclament un changement du système politique et expriment leur rejet du pouvoir en place, certains allant jusqu’à brandir le drapeau de l’ancien régime monarchique comme symbole de contestation.
Face à ces mobilisations, le gouvernement iranien a lancé une répression sévère, combinant usage de la force létale, arrestations massives et restrictions drastiques sur les communications. Une coupure quasi totale d’internet et des réseaux téléphoniques a été imposée pour limiter la diffusion des informations et la coordination des manifestations.
Selon différents rapports, des dizaines, voire plusieurs centaines de personnes ont été tuées, et des milliers d’autres arrêtées. Les organisations de défense des droits humains dénoncent des violations graves des droits fondamentaux, en particulier envers les mineurs et les manifestants pacifiques.
Ce mouvement a également une dimension internationale, la diaspora iranienne et des figures culturelles en exil appelant la communauté internationale à soutenir les manifestants et à dénoncer la répression.
Cette crise reflète un mécontentement structurel plus large, lié non seulement à l’économie, mais aussi aux restrictions politiques et aux difficultés sociales persistantes en Iran, confirmant que le pays traverse une phase de tension sociale et politique majeure.