L’Iran a annoncé avoir pris le « contrôle total » du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié. Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient, marqué par des frappes et des menaces croisées dans la région.
L’annonce a provoqué une tension sur les marchés énergétiques, les investisseurs intégrant un risque accru de perturbation des flux pétroliers mondiaux.
Un verrou énergétique mondial sous pression
Le détroit d’Ormuz constitue un couloir stratégique reliant le Golfe arabo-persique à l’océan Indien. Chaque jour, entre 17 et 20 millions de barils de brut y transitent, en provenance notamment d’Arabie saoudite, d’Irak, des Émirats arabes unis, du Koweït et du Qatar. Toute entrave prolongée pourrait provoquer une contraction de l’offre mondiale et une flambée des prix du pétrole.
Les États-Unis ont rappelé leur attachement à la liberté de navigation dans la zone, tandis que plusieurs puissances importatrices d’énergie ont appelé à la désescalade afin d’éviter un choc pétrolier majeur. Les marchés restent particulièrement sensibles à toute évolution militaire susceptible d’affecter ce point névralgique.
Quel impact pour la Tunisie ?
À Tunis, les autorités se veulent rassurantes. Auditionné le 4 mars 2026 devant la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a affirmé que les tensions actuelles « n’auront pas d’impact direct sur l’approvisionnement de la Tunisie en hydrocarbures ».
Selon lui, les contrats d’importation de gaz naturel sont principalement conclus avec l’Algérie et certains partenaires européens, ce qui exclut un transit par le détroit d’Ormuz. Concernant le pétrole brut, la majorité des accords sont signés avec l’Azerbaïdjan, dont les routes d’exportation ne passent pas par le Golfe.
En d’autres termes, même en cas de perturbation dans le détroit, la chaîne logistique tunisienne ne serait pas directement affectée à court terme.
Une exposition indirecte aux hausses de prix
Si le risque de rupture d’approvisionnement apparaît limité, la Tunisie reste exposée à un autre facteur : l’évolution des prix sur les marchés internationaux. Une flambée durable du baril se traduirait mécaniquement par une pression accrue sur la facture énergétique nationale, déjà lourde pour les finances publiques.
Wael Chouchane a rappelé devant les députés que le déficit énergétique du pays atteint actuellement 65 %. L’objectif affiché est de le réduire à 30 %, tout en portant la part des énergies renouvelables à 50 % à l’horizon 2035 et 80 % d’ici 2050.