Bien qu’arrêté par les forces d’occupation, Louay Cherni, surnommé le “Dinosaure de la mer”, a veillé à ce que sa voix continue de se faire entendre. Sur sa page Facebook, un nouveau message confirme sa détermination à rester présent dans le combat. Il explique qu’avant de rejoindre la flottille, il “avait envisagé tous les scénarios, y compris le pire, et qu’il avait confié la gestion de ses comptes à un administrateur choisi par ses soins. Son souhait était que “ses profils restent une tribune pour la cause palestinienne et un soutien pour la flottille jusqu’à la libération de tous ses participants”. Certains contenus ont été enregistrés avant son départ, d’autres publiés par l’administrateur dans le respect de ses volontés. Comme il l’a dit avec humour, “un dinosaure est difficile à emprisonner et impossible à faire taire. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de soutien et de solidarité. À nos frères et sœurs de Gaza, la délivrance approche, inchallah”.
Âgé d’une trentaine d’années, marié et père d’un enfant, Louay Cherni s’est imposé comme l’une des figures emblématiques de la flottille Al-Soumoud. Sur les réseaux sociaux, il a séduit le public par sa spontanéité, son humour et son authenticité, attirant l’attention bien au-delà des cercles militants. Sa dernière apparition, aux côtés de l’activiste Wael Nawar, a marqué les esprits. Il a présenté avec humour une stratégie baptisée le dinosaure de la mer pour détourner l’attention de l’occupant israélien. L’échange, mêlant courage et légèreté, a été largement partagé et a suscité une grande sympathie, tant en Tunisie qu’à l’étranger.
Rapidement, des activistes et influenceurs ont repris cette idée et, grâce à l’intelligence artificielle, ont créé des images illustrant le dinosaure de la mer. Ces visuels, diffusés massivement, ont renforcé la visibilité de Louay et de ses camarades, tout en mobilisant encore davantage l’opinion publique, surtout après que plusieurs navires ont été pris pour cible par les forces israéliennes.

Le combat de Louay Cherni pour la Palestine ne date pas d’hier. Militant engagé depuis longtemps, il s’était déjà illustré par son courage. Le 18 octobre 2023, il avait surpris l’opinion publique en annonçant sur Mosaïque FM sa décision de renoncer à son titre d’Ambassadeur de bonne volonté de l’Union européenne en Tunisie, qu’il occupait depuis plusieurs mois. À cette occasion, il avait déclaré que ce qui se passe en Palestine est une occasion de revoir beaucoup de convictions et de choix. Malheureusement, le masque est tombé : l’Occident et l’Europe soutiennent aveuglément l’entité occupante. Il ajoutait que le titre qu’il avait accepté après un long travail, il le rendait aujourd’hui, car il croyait partager certains principes fondamentaux avec l’Union européenne, centrés sur l’humain et ses droits, mais que leurs visions de la justice et du droit étaient totalement opposées.
L’arrestation de Louay et de ses compagnons de la flottille Al-Soumoud a provoqué une vague de solidarité mondiale. La mobilisation ne s’est pas limitée à la Tunisie : dans de nombreuses capitales et villes du monde, des foules sont descendues dans les rues pour demander leur libération immédiate. Citoyens, associations, personnalités publiques et défenseurs des droits humains se sont rassemblés autour d’un même message : briser le silence et dénoncer l’injustice. Tout cela se déroule dans un contexte dramatique : Gaza, déjà meurtrie, est aujourd’hui en ruines, et sa population subit un blocus étouffant ainsi qu’un génocide sans précédent. La flottille, avec Louay comme visage emblématique, représentait un espoir et un moyen de mettre en lumière cette tragédie, rappelant au monde l’urgence d’agir pour mettre fin à l’injustice.