L’Union européenne (UE) a exprimé son ouverture pour revoir et moderniser le cadre de ses accords commerciaux avec la Tunisie. Cet engagement a été pris par l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, lors d’une rencontre avec le président de l’UTICA, Samir Majoul. L’accord d’association de 1995, qui a instauré une zone de libre-échange complète pour les produits industriels en 2008, est désormais considéré comme un texte de « première génération » qui ne reflète plus les réalités géopolitiques et économiques actuelles.
Lors de cette réunion, l’UTICA a soulevé un ensemble de préoccupations urgentes pour les opérateurs économiques tunisiens. L’organisation patronale a ainsi appelé à une révision des barrières douanières et non tarifaires qui pèsent sur les exportations tunisiennes, notamment face aux nouvelles exigences européennes en matière de durabilité. Elle a également pointé l’impact des crises internationales sur des secteurs comme le textile, fragilisés par l’érosion des avantages préférentiels. Un accent particulier a été mis sur les produits agricoles, avec une demande de suppression des quotas pour l’huile d’olive tunisienne et un accès libre au marché européen. Un programme de soutien à la filière dattes a également été proposé.
Au-delà des barrières commerciales, des défis opérationnels ont été identifiés. Les chefs d’entreprise ont souligné l’absence en Tunisie de laboratoires d’accréditation reconnus par l’UE, ce qui oblige les entreprises à avoir recours à des établissements étrangers avec des coûts et des délais supplémentaires. Par ailleurs, l’entrée en vigueur prochaine du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (MACF) en 2026 est perçue comme un obstacle concurrentiel potentiel pour les entreprises tunisiennes. En contrepoint, l’accord « Ciel ouvert » entre la Tunisie et l’UE a été évoqué comme une opportunité, sa mise en œuvre pouvant générer un flux supplémentaire important de touristes européens.