L’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) a réagi, dans un communiqué publié ce jeudi, aux récentes listes diffusées par l’Ordre des ingénieurs tunisiens, qui désignent les établissements privés dont les diplômés seraient seuls habilités à s’inscrire à l’Ordre.
La Centrale patronale a rappelé que la reconnaissance du diplôme national d’ingénieur relève exclusivement du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, seule autorité légale compétente pour agréer les établissements et superviser leurs programmes. Elle souligne que les textes régissant l’Ordre n’exigent qu’une reconnaissance étatique du diplôme, et non une accréditation spécifique.
L’UTICA estime que la publication répétée de ces listes a créé une confusion chez les étudiants, les familles et les employeurs, et appelle à clarifier le fondement juridique, les critères et la méthodologie de ces démarches. Elle s’interroge notamment sur la pertinence d’exiger de nouvelles évaluations pour des écoles déjà titulaires d’accréditations internationales reconnues comme ASIIN, ABET ou CTI, ainsi que sur le fondement légal d’une redevance de 10 000 dinars réclamée à certains établissements, appelant à plus de transparence sur les prestations correspondantes.
Le communiqué met en avant le rôle central des écoles d’ingénieurs privées, qui forment environ 6 500 ingénieurs par an avec un taux d’insertion professionnelle supérieur à 75 % dans les six mois suivant le diplôme. L’UTICA considère la préservation de la confiance dans le diplôme national comme un enjeu stratégique pour l’économie tunisienne.
L’organisation invite les étudiants et leurs familles à ne se fier qu’aux décisions officielles du ministère de tutelle, rappelant que toute formation agréée par ce dernier, publique ou privée, débouche sur un diplôme reconnu par l’État. Elle demande enfin à l’Ordre des ingénieurs de publier ses critères d’évaluation, tout en réaffirmant son attachement au dialogue institutionnel constructif.
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