Le dernier rapport des Nations Unies sur l’état de la sécurité alimentaire mondiale révèle une amélioration globale mais inégale de la situation nutritionnelle. Publié le 28 juillet par plusieurs agences onusiennes dont la FAO, l’UNICEF et l’OMS, ce document dresse un bilan contrasté des efforts internationaux contre la faim.
En 2024, 673 millions de personnes ont souffert de la faim, soit 15 millions de moins qu’en 2023. Cette baisse marque la troisième année consécutive de progrès, ramenant le taux de sous-alimentation à 8,2% de la population mondiale contre 8,7% en 2022. L’insécurité alimentaire modérée ou grave a également reculé, touchant 28% de la population en 2024 après 28,4% l’année précédente.
Cette amélioration globale masque d’importantes disparités régionales. L’Afrique subsaharienne présente la situation la plus alarmante, avec 20,2% de sa population en état de sous-alimentation chronique. Ce taux atteint même 30,2% en Afrique centrale, un record mondial. Au total, 307 millions d’Africains souffrent de la faim, soit une augmentation de 113 millions depuis 2015. Seule l’Afrique de l’Est échappe à cette tendance négative.
Le rapport identifie l’inflation des prix alimentaires comme un déterminant majeur de l’insécurité nutritionnelle. Alors que l’inflation globale des denrées alimentaires atteignait 13,6% en janvier 2023, les pays à faible revenu ont subi des hausses dépassant 30%. Cette situation réduit considérablement le pouvoir d’achat des ménages, particulièrement dans les pays où la part du budget consacrée à l’alimentation est déjà élevée. Une augmentation de 10% des prix alimentaires entraîne une hausse de 3,5% de l’insécurité alimentaire modérée.
Les projections actuelles indiquent que l’objectif « Faim zéro » fixé pour 2030 ne sera pas atteint. Environ 512 millions de personnes devraient encore souffrir de sous-alimentation dans cinq ans, dont 60% en Afrique. Face à ce constat, les experts recommandent des mesures ciblées : soutiens budgétaires temporaires aux populations vulnérables, renforcement des systèmes d’information agricole, création de réserves alimentaires stratégiques et mise en place de programmes de protection sociale adaptés.