Les statistiques douanières chinoises pour l’année 2025 confirment la puissance persistante de l’exportateur mondial. Malgré un environnement international marqué par le protectionnisme, la Chine a enregistré un excédent commercial d’environ 1 189 milliards de dollars. Par ailleurs, ce chiffre représente une augmentation de près de 20 % par rapport à l’exercice précédent. La valeur totale des exportations a atteint 3,77 billions de dollars sur l’année, enregistrant une progression de 5,5 %. Cette performance record s’explique par une diversification rapide des marchés, tandis que les frictions commerciales avec les États-Unis se sont intensifiées.
Le moteur de cette croissance a radicalement changé de direction. En effet, les exportations chinoises vers les États-Unis ont connu une chute de 20 % sur l’ensemble de l’année 2025, avec un recul atteignant 30 % pour le seul mois de décembre. Par conséquent, les exportateurs ont massivement redirigé leurs flux. En décembre, les ventes vers l’Union européenne ont augmenté de 11,6 % et celles vers l’ASEAN, le principal bloc partenaire de la Chine, ont progressé de 11,1 %. Qui plus est, les hausses ont été particulièrement fortes vers l’Afrique (+21,8 %) et l’Amérique latine (+9,8 %), démontrant une expansion agressive sur de nouveaux continents.
Cet excédent colossal masque cependant une faiblesse structurelle de l’économie chinoise. D’autre part, la croissance du pays reste excessivement dépendante de la demande extérieure, alors que la consommation des ménages marque le pas. Les autorités prévoient d’ailleurs un ralentissement de la croissance du PIB à 4,5 % en 2026, après une estimation de 4,9 % pour 2025. En réponse, le gouvernement a annoncé des mesures prioritaires pour 2026 visant à stimuler la demande intérieure. Ces mesures incluent la promotion de la marque « Acheter en Chine » et le soutien à la consommation numérique et verte, dans l’objectif d’augmenter progressivement la part de la consommation dans l’économie.
Cette situation crée un paradoxe pour les partenaires commerciaux de la Chine. D’un côté, l’afflux de produits manufacturés chinois à des prix compétitifs peut exercer une pression sur les industries locales dans de nombreux pays. De l’autre, un ralentissement de la demande chinoise impacterait les économies, notamment africaines, qui exportent vers la Chine ou dépendent de ses investissements. Par conséquent, les décideurs politiques chinois sont sous pression pour équilibrer la résilience de leurs exportations avec la nécessité de renforcer leur marché intérieur, alors que les incertitudes liées aux politiques commerciales internationales persistent.