De fortes pluies continues frappent depuis plusieurs jours le nord du Maroc, provoquant des inondations d’une ampleur exceptionnelle et forçant les autorités à procéder à des évacuations massives, notamment dans la province de Larache.
Les zones les plus vulnérables, en particulier autour de Ksar El-Kébir et le long de l’oued Loukkos, sont parmi les plus touchées. La montée rapide des eaux a submergé des quartiers entiers, fragilisé les sols et menacé plusieurs immeubles, exposant des milliers de familles à un danger immédiat.
Face à la dégradation rapide de la situation, les services de secours, appuyés par les forces armées, ont lancé des opérations d’évacuation préventives. Selon les médias locaux, plus de 50 000 personnes ont déjà été déplacées vers des centres d’accueil ou transportées hors des zones à risque. Pour de nombreux sinistrés, le départ s’est imposé comme une évidence. « On a compris que rester n’était plus possible. La priorité, c’est de sauver des vies », confie une habitante évacuée avec sa famille.
Les autorités locales redoutent une aggravation des dégâts, d’autant que les prévisions météorologiques annoncent la poursuite des précipitations dans les prochains jours. La saturation des sols et le gonflement des cours d’eau accentuent les risques de nouvelles crues soudaines.
La situation a également été compliquée par les lâchers d’eau du barrage Oued El Makhazine, arrivé à saturation. Ces déversements, nécessaires pour éviter un débordement incontrôlé, ont néanmoins contribué à intensifier les inondations en aval. En conséquence, les cours ont été suspendus dans plusieurs villes, et les établissements scolaires de régions comme Tanger, Tétouan et Al Hoceïma ont temporairement fermé leurs portes.
Dans certaines zones voisines, les opérations de sauvetage se sont multipliées. Des images diffusées par les médias publics montrent notamment des interventions aériennes pour secourir des personnes encerclées par les eaux, notamment dans la province d’Ouazzane. Plus au sud, la crue du Sebou a également entraîné l’évacuation de villages entiers et le renforcement d’urgence des berges.
Paradoxalement, ces pluies diluviennes mettent un terme à plusieurs années de sécheresse sévère qui avaient fragilisé les ressources hydriques du pays. Le taux de remplissage des barrages avoisine désormais les 62 %, certains réservoirs ayant atteint leur capacité maximale. Une amélioration sur le plan hydrique, mais obtenue au prix de lourds dégâts humains et matériels.
Ces nouvelles inondations ravivent le souvenir des crues meurtrières de décembre dernier, qui avaient causé la mort d’au moins 37 personnes à Safi. Un bilan dramatique qui souligne, une fois de plus, la vulnérabilité du pays face aux phénomènes climatiques extrêmes.
Aujourd’hui, l’urgence reste la protection des populations. Mais à moyen terme, la question de l’adaptation des infrastructures, de la gestion des barrages et de la prévention des risques devient incontournable. Sans stratégie claire et durable, ces catastrophes risquent de se répéter — avec un coût humain toujours plus lourd.