May Farouk fait revivre l’astre d’Orient sur la scène de Carthage

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Cinquante ans après la disparition de l’astre de l’Orient, le Festival International de Carthage a offert, samedi 16 août 2025, une plongée magistrale dans l’univers intemporel d’Oum Kalthoum. Sur la scène mythique de l’amphithéâtre romain, la chanteuse égyptienne May Farouk a rendu un hommage vibrant à « La Dame », transportant le public dans une soirée où la nostalgie et l’émotion se sont entrelacées.

Une attente fébrile

Annoncé depuis plusieurs semaines, le spectacle affichait complet bien avant sa tenue. Dès les premières heures, de longues files d’attente se sont formées autour du site archéologique, et les 10 000 places disponibles n’ont pas suffi à contenir l’enthousiasme. Certains spectateurs, refusant de manquer ce moment unique, ont suivi le concert debout, malgré l’inconfort.

Mémoire et histoire

La soirée s’est ouverte par une projection d’archives rares, la visite d’Oum Kalthoum en Tunisie en 1968. La grande diva y avait chanté à Tunis pour soutenir l’armée égyptienne après la défaite de 1967, en présence du président Habib Bourguiba. Ces images, empreintes de mémoire et de grandeur, ont créé un climat solennel et préparé le terrain à un hommage hors du temps.

May Farouk, l’élégance de la sobriété

« Aaslema ! », a lancé May Farouk en s’adressant au public, mêlant chaleur et proximité. Vêtue d’une robe noire d’une élégance sobre, coiffure discrète et allure classique, elle a fait le choix de la simplicité, laissant toute la place à la puissance de sa voix.

Accompagnée d’un orchestre tunisien dirigé par le maestro Mohamed Lassoued, elle a livré deux heures et demie d’un récital d’exception. El Hobbi Kolou, Hadhihi Laylati, Fat El Miaad, Daret El Ayam, Baïd Annak, Siret El Hob… Chaque morceau a résonné comme une prière musicale, un écho à une époque où la chanson arabe incarnait grandeur et raffinement.
Le point culminant fut atteint avec Alf Leila Wa Leila, interprété en clôture, Mai Farouk apparaissant cette fois dans une cape traditionnelle tunisienne – un burnous -, geste symbolique qui a enflammé l’amphithéâtre. Le public s’est levé comme un seul homme pour l’ovationner.

Un héritage vivant

Le concert a confirmé une évidence : le répertoire d’Oum Kalthoum n’appartient pas seulement au passé, il continue de vibrer au présent. Dans les gradins, les générations se sont croisées. Des familles entières, parfois trois générations côte à côte, fredonnaient les mêmes refrains. Des grands-mères accompagnaient leurs petits-enfants, dans une atmosphère de communion musicale rare, preuve que la voix de « Kawkab al Chark » reste universelle.

Carthage, un écrin pour l’éternité

Plus qu’un simple hommage, cette soirée a montré que Carthage demeure une scène de mémoire, un lieu où le patrimoine musical arabe se réinvente. Entre les pierres millénaires de l’amphithéâtre et les voix d’hier ressuscitées, le festival a offert une expérience qui dépasse le temps, une rencontre entre histoire, émotion et héritage.

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