L’association Zones Vertes et Développement Durable a organisé le 24 septembre courant une collecte de déchets dans un parc du quartier d’El Menzah 9. Au total, plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées, récoltant une quantité de déchets équivalente à une trentaine de sacs-poubelle.
L’association intervient essentiellement au cœur des espaces verts urbains en ville, autour des thématiques d’écologie urbaine et de sensibilisation au développement durable urbain, à la ville durable et à l’éco-citoyenneté.
La présidente de l’association, Elissa Amara, enseignante universitaire à l’Université de La Manouba, a accepté de répondre à quelques questions pour la Rédaction de Réalités Online.
Depuis combien de temps votre association existe-t-elle ?
« L’association Zones Vertes et Développement Durable a été créée en novembre 2012, à l’occasion de la fête de l’arbre, suite à une réaction citoyenne face à la menace d’une atteinte à un espace vert du côté de l’Ariana. Le collectif citoyen s’est ensuite progressivement organisé en association.
On a commencé à travailler en collaboration avec la municipalité de l’Ariana, sur beaucoup de projets, essentiellement autour de l’espace vert. Depuis quelque temps, on travaille également avec la ville de Tunis sur la promotion de la culture citoyenne et la valorisation des espaces verts urbains, qui sont malheureusement généralement délaissés, peu connus et peu équipés et aménagés. »
Quel serait votre constat de l’état de ces espaces verts aujourd’hui ? Est-ce qu’on va vers une amélioration des comportements face à l’incivisme, aux déchets jetés dans la rue ?
« Je dirais qu’il y a une évolution en dents de scie. Après la révolution justement, il y a eu un réveil citoyen qui s’est découvert des envies de citoyenneté, des envies de participer, de s’impliquer dans la sphère publique. Les citoyens ont commencé à s’organiser en collectifs, en associations, pour faire des actions de nettoyage, de plantation, etc.
Mais aujourd’hui, il y a quand même une petite pression sociale, économique, qui fait que les gens sont beaucoup plus introvertis, sont peut-être un peu désespérés aussi, de voir que peut-être leur engagement ou leur implication ne sert pas forcément à grand-chose. »
Est-ce qu’il y a quelque chose, un appel que vous voudriez lancer aux gens ?
« Alors, il y a un proverbe qui dit que la persévérance peut percer du marbre. Je pense que le souffle citoyen et l’énergie citoyenne sont une énergie renouvelable.
On trouve cette énergie dans les citoyens qui viennent participer spontanément. Ça [l’action de nettoyage], c’est un appel à l’action qui s’est fait hier en fin de journée. Et quand on voit que plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées en quelques heures aujourd’hui.
L’envie ne manque pas, les gens veulent, mais il faut peut-être un cadre qui les engage, un cadre qui les sensibilise, et ça, c’est important. L’espoir est encore permis heureusement. »
L’association organise également d’autres actions autres que le ramassage : peinture, land art, découverte de la nature, événements artistiques (fête de la musique).
Louis Boutet (Stagiaire)

