Météo : À quoi faut-il s’attendre ce week-end ? L’expert météoclimatique Hichem Sakouhi fait le point

Your browser does not support the audio element.

Après plusieurs épisodes climatiques intenses ces dernières semaines, les inquiétudes se multiplient sur les réseaux sociaux. Entre prévisions alarmistes et interprétations approximatives, la confusion gagne l’opinion publique. L’expert météoclimatique Hichem Sakouhi met les choses au clair.

Selon lui, les vents et les fortes pluies attendus entre le 31 janvier et le 1er février 2026 s’inscrivent dans un schéma météorologique bien connu en Méditerranée.

Un phénomène classique en hiver

La Tunisie sera touchée par un dépression atmosphérique profonde formée au centre de la Méditerranée. Ce type de système, fréquent en saison froide, provoque un fort contraste de pression entre le nord et le sud, générant des vents soutenus et des perturbations.

« Lorsque le pays se retrouve coincé entre une dépression et un anticyclone, les vents s’intensifient naturellement », explique Hichem Sakouhi.

Résultat : un flux d’air froid et instable, renforcé par le courant-jet, favorise la formation d’averses orageuses et de rafales parfois violentes.

À quoi faut-il s’attendre ?

Pour ce week-end, les prévisions indiquent :

Vents : rafales pouvant atteindre 70 à 90 km/h, surtout sur les côtes et les zones exposées.

Pluies : averses parfois fortes, localement orageuses, surtout au nord et à l’est.

Mer : état très agité, dangereux pour la navigation.

Ces conditions peuvent provoquer des chutes d’objets, des perturbations du trafic et des accumulations d’eau dans certaines zones vulnérables.

L’expert insiste : ces phénomènes ne sont ni inédits ni « hors norme ». « Ce que nous vivons aujourd’hui correspond à une phase de rééquilibrage après plusieurs années de sécheresse », souligne-t-il.

L’histoire climatique récente du pays en témoigne : Nabeul (1986, 2018), Tunis (2003), Jendouba (2000, 2015), Sidi Bouzid (1990), Tataouine (1995) ou encore le Nord-Est en janvier 2026 ont déjà connu des épisodes similaires.

Autrement dit, ces événements sont rares, mais pas anormaux.

Hichem Sakouhi critique ouvertement la prolifération de contenus sensationnalistes : « Certaines analyses partielles sont transformées en alertes dramatiques. Cela crée de la peur inutile. »

Pour lui, l’enjeu n’est pas d’alimenter l’angoisse, mais de renforcer la prévention :

améliorer les systèmes d’alerte,

soutenir l’Institut national de la météorologie,

renforcer les mécanismes de gestion des risques,

activer les dispositifs comme le fonds des catastrophes.

Face aux perturbations annoncées, l’expert appelle à une attitude responsable : suivre les bulletins officiels, limiter les déplacements inutiles et prendre les précautions de base.

« La confiance se construit sur la science et la mémoire climatique, pas sur les rumeurs. »

La Tunisie s’apprête à vivre une forte perturbation hivernale méditerranéenne, avec vents soutenus, pluies et mer agitée. Ce n’est pas un cyclone, ni une situation exceptionnelle, mais un épisode sérieux qui exige vigilance et organisation.

Comprendre notre climat, s’y adapter et investir dans la prévention reste la seule voie durable pour limiter les dégâts à l’avenir.

Related posts

Sncft : Perturbation du trafic ferroviaire

Une femme condamnée à 8 ans de prison pour trafic d’organes entre la Tunisie et la Türkiye

Intelligence artificielle : 4 000 comédiens français tirent la sonnette d’alarme et réclament un cadre strict