Le Dr Ikbel Chaieb, chercheur au Centre régional de recherche en horticulture et en agriculture biologique de Chott Meriem, porte un regard nouveau sur nos pratiques culturales. Selon ce chercheur, le labour de la terre pourrait n’être qu’un « faux acte » de bienfaisance, tant “les herbes sauvages jouent un rôle crucial dans la protection des sols”. “Loin d’être des parasites, ces plantes spontanées agissent comme une infrastructure naturelle : leurs racines consolident la terre, la maintiennent aérée et stable, facilitant ainsi l’infiltration de l’eau tout en freinant l’érosion”, précise le chercheur.
Dr Ikbel Chaieb
Pour lui, cette couverture végétale constitue “un rempart essentiel contre les aléas climatiques”. En période de sécheresse, elle empêche l’évaporation rapide de l’eau et préserve l’humidité du sol, là où le labour laisse la terre à nu, exposée au dessèchement du soleil et du vent. Au-delà de la régulation thermique, ces herbes favorisent une biodiversité indispensable en offrant un refuge aux pollinisateurs et aux insectes prédateurs qui luttent naturellement contre les parasites.
“”Sous la surface, l’absence de perturbation mécanique permet l’épanouissement d’un sol vivant, où les micro-organismes et les vers de terre assurent la fertilité nécessaire à la croissance des arbres de manière totalement naturelle” Et Ikbel Chaïeb d’ajouter: “en renonçant au labour, on préserve également le carbone stocké dans le sol, participant ainsi activement à la lutte contre le changement climatique”. “Cette approche permet enfin de réduire drastiquement les coûts liés au carburant, aux machines et aux intrants chimiques, protégeant ainsi durablement l’homme et son environnement”, a-t-il conclu.