L’incidence du système d’appartenance n’a rien d’univoque ni d’unilatéral. Car, d’une part, opèrent les déterminismes sociaux et, de l’autre, délibère la liberté humaine au sein du monde social. Ainsi, Sophie Bessis, géniale, est juive et Bezalel Smotrich, nazi, est juif. La présence de Sophie, l’adorable, offre une superbe fleur aux lecteurs à l’heure où Itamar Ben Gvir et son cabinet de guerre génocidaire ne méritent pas d’être sur terre. Les sionistes jouent aux bravaches mais il s’agit de lâches. Au vu des moyens mis en œuvre sur le terrain par le Hamas et Tsahal, ce combat inégal oppose une ramée bonsaï à une machine colossale. Le sentiment d’appartenance incite le Tunisien, l’Algérien ou le Marocain à percevoir le monde arabe avec une extrême bienveillance. Toutefois, l’émotionnel et le rationnel ne coïncident pas. De semblable problème provient ce dilemme.
Avec le ressentiment accumulé de part et d’autre, comment libérer la Palestine occupée sans la destruction de la société israélienne désormais bien implantée avec ses bâtiments, ses hôpitaux, ses écoles, ses aéroports, ses prisons, son gouvernement et son armée sophistiquée ?
Soulever la question plonge l’investigation au plus profond d’un gouffre sans fond tant la situation demeure à la fois instable et inextricable.
Emirats arabes unis, Bahraïn et Maroc optent pour la normalisation quand l’Arabie saoudite et l’Algérie haussent le ton contre le cerbère génocidaire.
Ce premier constat ouvre la voie vers la remise en question d’une représentation : la conception d’un monde arabe vu sous forme d’un ensemble unitaire et composé de nations solidaires ne résiste guère à l’observation la plus élémentaire. Au Liban cohabitent Chiites, Maronites, Chrétiens orthodoxes, Arméniens, Druzes avec leurs cultures distinctives et dont l’illusoire unité occulte les désamours inhérents à la diversité. Que dire, alors, du monde arabe où les deux satans exploitent à leur avantage les divisions et subdivisions de ces divisions ?
Ni l’Arabie saoudite ni l’Égypte ni la Syrie ne portent les Palestiniens là où perdure la chaleur de leur cœur. Nul n’oublie les massacres, la souffrance et les cris. Au Liban, le village chrétien nommé Damour fut détruit par l’armée palestinienne au temps où les Palestiniens occupaient les territoires libanais. Comment oublier Tal Ezaâtar, les enfants tués ou les parents échappés ?
Cependant, ce passé avéré ne saurait justifier l’actuelle criminalité israélo-américaine bourrée, jusqu’à la moelle des os, de racisme et de haine. Certes, la Chine, visée par les États-Unis, essaye d’unifier une part de ce monde arabe éclaté.
Chiites et Sunnites pourraient modérer, un tant soit peu, leur immémoriale et réciproque inimitié. Mais continuer à énoncer un monde arabe monolithique obstrue la voie susceptible de mener vers la solution à deux États. Comment progresser vers la fraternisation à partir de ces multiples ressentiments ?
Avant de songer à combattre le grand et le mini satan, il s’agirait de lutter contre l’œdème logé au fond de soi-même.
A la différence de ce que pensent Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, la reconnaissance de la Palestine en paroles n’a rien de frivole. « Au commencement était la parole. C’est par elle que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans elle », dit l’Evangile de Jean.
Voilà pourquoi lorsqu’il ânonne « Il n’y aura jamais d’État palestinien », Netanyahu émet l’avis d’un crétin. La formulation plus connue de l’Évangile sabre l’imbécile et, sous ses pieds, coupe l’herbe : « Au commencement était le verbe ». Et dans ses « Ecrits » de 1966, Lacan dit : « La loi de l’homme est la loi du langage.»
Parler autrement du monde arabe afin de commencer par le décrire tel qu’il est remporterait un premier succès sur la manière de cogiter. Platon écrivait : « La victoire sur soi-même est la première et la plus glorieuse de toutes les victoires ».
La youghaïrou Allahou ma biqaoumin 7ata youghaïrou ma bianfousihim. Sans la traîtrise de l’un de ses généraux, Saddam Husseïn n’aurait guère été déboulonné par les salauds américains avec une telle facilité. Aujourd’hui, l’Iran arrête l’espion recruté par les sionistes et dégage ainsi l’infiltration de l’ennemi au cœur du pays.
L’Irak demande à Trump d’emporter ailleurs sa base quand bien même le milliardaire, grand amateur d’oseille, ferait la sourde oreille. Le 25 septembre, il déclare : « Je ne permettrai pas à Israël d’annexer la Cisjordanie.»
Autrement dit, je bénis l’annexion de Gaza d’où seront expulsés les Gazaouis.