L’atmosphère au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) continue de se charger de tensions. Un nouvel épisode conflictuel oppose deux députées : Fatma Mseddi et Syrine Mrabet.
L’affaire a éclaté lorsque Fatma Mseddi, connue pour ses prises de position souvent polémiques, a affirmé être la cible d’une campagne de dénigrement et de harcèlement menée par certains de ses collègues. Dans un post publié sur sa page Facebook, elle a notamment cité Syrine Mrabet parmi les députés qu’elle accuse de vouloir la discréditer en raison de ses opinions jugées “dérangeantes” au sein du Parlement.
Selon Mseddi, ces attaques seraient liées à ses interventions sur des sujets sensibles, notamment les révélations autour d’un projet supposé visant à faciliter l’installation de migrants irréguliers en Tunisie, ainsi que les soupçons de financement entourant la Flottille Al-Somoud, le convoi maritime solidaire pour briser le blocus de Gaza. Face à ce qu’elle qualifie de “pressions et menaces”, la députée a appelé la présidence du Parlement ainsi que les autorités judiciaires et sécuritaires à assurer sa protection physique et morale.
La riposte de Syrine Mrabet ne s’est pas fait attendre. Rappelons que cette dernière avait défrayé la chronique en annonçant sa démission de l’ARP le 16 juillet 2025, avant de se raviser cinq jours plus tard, un geste qui avait suscité de nombreuses interrogations. En réaction aux propos de Mseddi, Mrabet l’a accusée à son tour d’être hostile à l’interdiction de la sous-traitance et d’attaquer systématiquement le président de la République, insinuant une attitude opportuniste et contradictoire.
Au lieu de se concentrer sur les enjeux économiques, sociaux et politiques essentiels pour les Tunisiens, les deux élues s’enlisent dans une querelle personnelle ressemblant à un règlement de comptes. Ces échanges virulents, largement diffusés sur les réseaux sociaux, posent des questions fondamentales : quel bénéfice tire le citoyen tunisien de ces affrontements stériles ? En quoi contribuent-ils à renforcer le rôle du Parlement comme lieu de débat démocratique ? Que gagnent les Tunisiens à voir leurs représentants s’opposer dans des polémiques sans fin, alors que des dossiers cruciaux — éducation, santé, environnement, transport, emploi — restent en attente ? Quelle utilité y a-t-il à élire des députés si ceux-ci transforment l’hémicycle en arène de conflits verbaux ? Les Tunisiens, en quête de solutions et d’écoute, ne méritent-ils pas un Parlement où le dialogue prime sur la confrontation, et où la responsabilité surpasse la rivalité ? Ces altercations ne révèlent-elles pas une dérive du débat politique, où la course au buzz médiatique l’emporte sur l’intérêt général ?
Ces disputes d’égo, amplifiées par les réseaux sociaux, creusent davantage le fossé entre les élus et une population déjà désabusée par une classe politique incapable de dépasser ses intérêts personnels.