L’armée népalaise a repris le contrôle de Katmandou mercredi après deux jours de violentes émeutes ayant causé la mort d’au moins 19 personnes et fait des centaines de blessés. Les troubles ont débuté lundi lorsque la police a réprimé des manifestations contre la corruption des élites et le blocage de 26 réseaux sociaux par le gouvernement. Bien que l’accès aux plateformes sociales ait été rétabli et que le Premier ministre KP Sharma Oli ait démissionné, la colère des jeunes manifestants de la « Génération Z » ne s’est pas apaisée.
Changement politique et revendications de la jeunesse
Les rues de Katmandou présentaient un paysage de désolation mercredi matin, avec des véhicules incendiés et des bâtiments publics endommagés. Le Parlement et la résidence de l’ancien Premier ministre ont été attaqués et partiellement détruits par les manifestants. L’aéroport international de Katmandou est resté fermé depuis mardi, avec une réouverture prévue mercredi à 18 heures locales. L’armée a déployé des chars et des véhicules blindés pour patrouiller dans la ville sous couvre-feu, où seuls les véhicules d’urgence sont autorisés à circuler.
La démission du Premier ministre Oli, âgé de 73 ans, intervient dans un contexte de forte pression de la jeunesse népalaise. Ce pays de 30 millions d’habitants, dont plus de la moitié a moins de 30 ans, exige un renouvellement de sa classe politique. Le maire de Katmandou, Balen Shah, âgé de 35 ans, est devenu une figure centrale de ce mouvement de protestation. Ancien rappeur et ingénieur civil, il a appelé à la retenue tout en soutenant les revendications de la « Génération Z » pour un changement politique profond.
Perspectives incertaines et appels au calme
La situation politique reste instable alors que des discussions sont en cours pour former un nouveau gouvernement. Le président Ram Chandra Poudel a appelé à une résolution pacifique de la crise, tandis que l’ONU et l’Inde ont exprimé leur préoccupation face à l’instabilité au Népal. Les revendications des manifestants portent principalement sur la lutte contre la corruption, la création d’emplois pour les jeunes et une réforme du système politique. Le bilan définitif des violences n’a pas encore été communiqué par les autorités népalaises.